Shining
Traduction anglaise : The Shining.
Publication : Janvier 1977.
Synopsis sans trop de spoil :
Après Carrie, SK change entièrement le profil de ses personnages, la situation, l'histoire, l'ambiance, ...
Jack Torrance, écrivain sans inspiration, ex-alcoolique, père de famille qui loupe beaucoup de ce qu'il fait, accepte un poste de gardien d'hivernage dans un hôtel, l'Overlook, au fin fond du Colorado. Il emmène avec lui pendant six mois sa femme Wendy, et son fils Danny, et vont être coupés du monde pendant six mois. C'est un peu la dernière chance pour cette famille de recoller les morceaux.
Danny a un don, un pouvoir de médium, qui lui permet de percevoir des choses, l'esprit des gens, le futur.
Le Hic, c'est que l'Overlook semble vouloir "prendre" Danny en manipulant Jack.
Mon avis global (sans spoil) :
Shining fout les jetons !
J'ai relu le livre en connaissant globalement la fin, donc peu de suspence pour moi sur ma relecture, mais des passages m'ont vraiment hérissés les poils : la chambre 217, les buis.
Le rythme est très bien géré, on ressent la montée en puissance de l'Overlook au fur et à mesure que le huis clôt s'installe, en parallèle avec la déchéance de Jack. A la fin de ma lecture, je ne souhaitais que retourner frissonner dans le froid du Colorado.
Le sujet de l'alcoolisme ne me touche pas, par contre, donc je n'ai pas été très réceptif aux descriptions des maux de Jack, qui sont chers à SK.
Shining est un vrai bon roman !
La structure :
Le livre est en cinq parties bien distinctes, la structure du roman est assez classique, avec une évolution chronologique. Il y a quelques sauts temporels (un mois par ci, un autre par là), et quelques retours en arrière pour décrire le passé alcoolique de Jack.
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile) :
Les cinq parties du livre dessinent les phases du roman : la découverte des personnages, l'arrivée à l'Overlook et la fin de l'été, plutôt tranquille, le début de l'hiver et les premières frayeurs pour Danny, la folie de Jack, puis le final. Le scénario est fluide, se comprend logiquement. Ce qu'il ne fallait pas louper, c'était l'évolution de la folie de Jack, et le scénario permet plusieurs pistes pou accentuer cette folie, puis l'adoucir en le montrant plus proche de son fils.
Les événements horrifiques se produisent assez rapidement, avec les attaques des buis (qui m'ont fait flipper) ou la chambre 217, et s'accentuent au fur et à mesure du roman.
On sait très rapidement que l'hôtel veut du mal à Danny.
Les personnages :
C'est le gros morceau de Shining, puisque le livre traite énormément la folie qui va s'emparer de Jack.
Le héros du livre est Danny, mais le personnage principal est Jack. Par qui commencer ?
Par le plus intéressant, c'est donc Jack. Jack est un véritable loser, pas forcément malsain, intelligent, il a des qualités humaines qui font que l'on s'attache un peu à lui, mais d'autres traits de caractèrent gâchent ces qualités. Il a une haute estime de lui, surtout de ce qu'il voudrait être, mais est incapable de l'assumer, et perd confiance. Il ne se remet pas en cause, est plus prompt à se lamenter ou à faire porter les fautes aux autres, notamment Wendy avec qui il peut être très désagréable. C'est un frustré qui a au plus profond de lui de la violence qu'il va essayer pendant tout le roman de canaliser, avant qu'il perde le contrôle, et que ça lâche complètement. Le monstre qui s'insère en lui n'a alors plus aucune défense à percer. C'est un personnage riche à découvrir, parfois pénible à lire (trop de lamentation pour moi ..).
Danny est l'enfant parfait. Gentil, doux, curieux, exceptionnellement empathique avec ses parents. Il arrive à gérer son pouvoir mais en est effrayé dès lors que son ami interne Tony se fait absent. Son don est ce que recherche l'hôtel, donc Danny est au centre du roman, mais le roman n'est pas sur Danny. On a parfois du mal à s'imaginer que Danny n'a que 5 ans, ses réflexions sont parfois un peu trop poussées.
Wendy est une mère qui se tuerait pour son enfant, et qui fait tout pour sauver sa famille. Elle ne prend des décisions que pour aller dans ce sens. Elle n'a pas des volontés propres, et ses envie, son passé, ne sont pas très développés. C'est un personnage vraiment secondaire. Attention, la Wendy du roman n'a rien à voir avec la crucruche du film.
Dick Halloran est juste un homme courageux qui veut aider Danny. Hullman semble être un petit con arrogant, mais au final, c'est lui qui a raison. Cependant, il ne semble pas être complice du Monstre de l'Overlook, mais aime cet hôtel et ne semble pas avoir jamais rencontré une situation paranormale.
Le Monstre qui vit dans l'Overlook est plutôt terrifiant, mais semble manquer de pouvoirs, et même d'intelligence. Pourquoi ses forces sont-elles si limitées ? En tout cas, son pouvoir semble aléatoire. On ne sait pas d'où il vient.
La fin :
Le Monstre a définitivement retourné le cerveau malade de Jack et le lance à la poursuite de Danny.
C'est ce postulat qui me dérange : pourquoi il ne le fait pas tout seul ? Il a l'air assez puissant pour ne pas avoir besoin de se servir de Jack. c'est ce qui me dérange dans la fin du livre.
Si ce postulat est validé, la fin du livre est tout à fait correct, avec les buis qui s'attaquent à Dick, les coups de battes de roque, la chaudière qui explose, c'est un peu gros, et ça rajoute au fait que le monstre ne semble pas si puissant.
Les films :
Shining, de Stanley Kubrick (1980) :
Ce film est détesté par Stephen King, et forcément, je pars avec un ressentiment négatif quand je le visionne.
Le Shining de Kubrick ne fait pas peur .. J'ai été surpris de flipper quand j'ai relu le livre de Stephen King (les buis, l'ascenseur, la chambre 217). A aucun moment, je n'ai eu un petit hérissement de poil lors du film, même pas les jumelles (c'est nouveau par rapport au livre). Le labyrinthe ne fait pas peur (même s'il est esthétique) comme peuvent effrayer les buis. Et le sang dans l'ascenseur est assez ridicule : on est plus dans l'incompréhension. A la limite, la voix de Tony ... mais rien qui ne va hanter mes nuits.
Et puis, les personnages ne sont pas respectés : Jack n'est plus un loser, il est juste complètement barge, il n'y a aucun signe d'amour vers Danny, même pas au début, aucun doute, il vit la chambre 217-237 sans aucune conséquence. Je n'ai pas compris pourquoi il était désagréable, rien ne semble provoquer ça, à part le fait qu'il n'arrive pas à écrire. Il est détestable, et pire encore, il n'est pas du tout flippant .. Wendy n'est plus qu'une cruche qui ne sait pas faire grand chose, à part poser des questions cons. Danny se fait remplacer par Tony pendant toute la deuxième partie du film, alors qu'à l'origine, c'est quand même lui le héros de l'histoire ... du coup, il est où le shining ? Parce qu'il n'est jamais vraiment médium, à part pour appeler Dick.
Le scénario, sur les grandes lignes des différents passages, le livre est respecté, mais quel gros manque de travail sur les personnages, et l'ambiance n'est pas la même. Un exemple, la fantôme du 237 (et pas 217) est sexy, puis grotesque (limite Groland ..). Pas du tout LE moment flippant pour Danny.
Le film est très esthétique, Kubrick est un génie tout de même. Des plans sont beaux, voire somptueux, le plan d'ouverture, le tricycle de Danny, le passage maquette-labyrinthe .. Plusieurs scènes de ce film sont devenues cultissimes, à juste titre, elles sont tellement exceptionnelles !
Je n'aime pas ce film ! (et à chaque fois que je le regarde une fois de plus ou que je lis une critique dessus, je l'aime encore moins)
Shining : les couloirs de la peur (mini-série, 1997) :
Gros téléfilm de 4h30, soutenu par Stephen King, qui avait détesté le film de Kubrick.
Et effectivement, rien ne ressemble au film de Kubrick : pas de faste, pas la même photographie, mais le roman est fidèlement suivi, globalement dans les événements qui s'y déroulent, mais surtout dans son atmosphère, et ce qu'il raconte des personnages.
La description des personnages est presque parfaite, on retrouve le tiraillement de Jack, ses colères enfouies sous une douceur et amour apparents. Il manque peut être l'appel à Ullman pour le rendre vraiment loser. Quant à Danny, il est parfait, peut être car il est plus vieux (7 ans au lieu de 5 ans) : ça aide pour la complexité du personnage. Wendy n'est toujours pas très utile, mais n'est pas la crucruche de Kubrick, et elle permet de faire vivre les deux autres personnages qui tiennent l'histoire. Même Dick est bien.
Et surtout, il y a des passages flippants : la chambre 217, j'ai sursauté .. J'ai regretté le passage du buis pour Danny (pour Jack, c'était pas mal du tout), ils auraient dû oser faire encore plus de mal à Danny.
La fin du téléfilm est très longue à venir (c'est très long tout le film), mais par contre, j'ai adoré l'utilisation du Shining de Danny pour retrouver l'âme de son père, et l'encourager à laisser l'hôtel exploser : ce n'est pas dans le livre, c'est MIEUX que dans le livre !!
Si vous voulez une vraie adaptation du livre, regardez ce téléfilm, que je n'ai trouvé qu'en espagnol (plutôt qu'en français, je n'ai pas cherché en anglais) sur le web.
Mon avis écrit quand j'étais ado était vraiment mauvais ...
L'avis de Lo^ol, une amie lectrice :
On y retrouve tous les éléments qui font la spécificité de Stephen King : un endroit isolé, la présence de l'enfant doté d'un pouvoir ( la télépathie ) et d'une femme ainsi que celle du père alcoolique, qui forment à eux trois cette petite société. C'est un livre qui a particulièrement marqué mes nuits même plusieurs jours après l'avoir lu, mettez un écriteau sur la porte de votre chambre ( si vous lisez dans votre chambre ) indiquant bien qu'il est formellement interdit de déranger parce que je peux vous assurer que ça n'est pas des plus agréable que d'être surpris à certains passages du livre.
Il existe à ma connaissance deux versions à l'écran, j'ai vu la version télévisée qui est fidèle au livre mais qui apporte beaucoup moins de sensations, l'adaptation cinématographique de Stanley Kubrik, à ce que j'ai entendu dire, est beaucoup inspirée du livre mais s'en éloigne aussi sur de nombreux points.