Salem
Traduction anglaise : Salem's Lot.
Publication : Octobre 1975.
Synopsis sans trop de spoil :
Jerusalem's Lot, bourgade perdue dans la campagne du Maine, reçoit la visite de Ben Mears, écrivain à succès. Ben a déjà vécu à "Salem", quand il était gosse, assez de temps pour vivre une aventure traumatisante dans la Marsten House, une grande demeure construite dans les hauteurs de la ville et considérée comme hantée : il vient à Salem pour écrire sur cette maison. En découvrant la ville, il rencontre de nombreux habitants de la ville, notamment Susan. Il n'est pas le seul nouveau en ville, deux hommes habitent Marsten House, et ouvrent un magasin d'antiquité dans la ville. Un chien meurt, un petit garçon disparait, son frère finit par mourir, ainsi que d'autres habitants, beaucoup trop pour une ville aussi petite. Ben et son ancien professeur d'anglais, Matt Burke, commencent à mener l'enquête : des Vampires sont en ville !
Mon avis (écrit quand je ne faisais pas les catégories) :
Le deuxième livre de Stephen King, Salem, est un petit plaisir qui se lit très agréablement, rapidement. Il n'y a pas de temps mort, fait frissonner, et nous emmène à ne jamais vouloir aller dans ce coin du Maine. J'ai beaucoup aimé relire ce livre, dont j'avais oublié l'essentiel du scénario depuis mon plus jeune âge. La tension monte progressivement, au fur et à mesure que l'influence des vampires s'agrandit dans Salem. C'est un vrai petit plaisir, très délicieux, de lire les petits paragraphes racontant les successives morsures et transformations en vampires.
Ce n'est pas non plus un grand roman : l'histoire se tient bien, le scénario de base est plutôt crédible (ça manque parfois de construction), mais les intéractions entre les personnages sont parfois niaises, tout comme globalement les réactions des personnages.
La structure (je commence à spoiler légèrement) :
Le roman est un peu long à se mettre en route, les habitants de Salem's Lot sont décrits dans la première moitié, durant laquelle les vampires n'ont pas vraiment de place : Barlow n'est pas encore arrivé. On apprend aussi à connaître la Marsten House et son histoire. Les premières relations entre les personnages s'y construisent.
L'arrivée de Barlow offre une belle coupure dans ce début très descriptif, et offre aussi un chapitre plutôt effrayant.
Ensuite, les morts s'enchaînent, durant la nuit. Et le village commence petit à petit à se vider : Stephen King y est très efficace pour nous décrire l'évolution du mal.
Le scénario (je spoile, rappelez-vous en) :
En fait, le synopsis est trop bon : l'idée de faire venir un comte vampire dans une petite ville du Maine, et de vivre cet envahissement avec un regard extérieur au village est assez bien joué. Tout le début du livre est solide, on apprend à connaître les personnages, nombreux car c'est tout le petit village qui va être infecté.
L'arrivée tardive de Barlow nous permet de mesurer le temps qu'il lui faut pour infester la ville de Salem's Lot, et la pandémie est clairement très agréable à lire. C'est vraiment le moment fort du film.
Les réactions (parfois stupides) des personnages vont ensuite guider le scénario, et ce sera moins bon. Je me posais des questions en le lisant : Pourquoi nos héros n'en parlent-ils à personne d'autres ? Pourquoi Ben, Mark et Matt sont-ils les seuls à croire aux vampires, pendant une bonne partie du livre ? Que font les autres habitants ?
La mort de Susan est très importante car à partir de ce moment, le lecteur (qui ne s'y attend pas) est persuadé que tout peut se passer dans le livre. Ca, c'est vraiment trop bien.
Les personnages :
C'est à la fois le point fort et le point faible du film.
J'ai adoré que les personnages principaux soit des "comme-nous" : ils connaissent tout du mythe du vampire, ils savent comment les tuer, à quoi ils ressemblent : ils n'ont pas besoin de se renseigner. Ils ne croient pas à leur existence, mais sont bien obligés d'y croire au final. Ils vivent dans notre monde et doutent d'eux même, leurs questionnements pourraient être les notres si l'on était confronté à cette situation.
Les intéractions entre les personnages sont parfois niaises (la relation Ben-Susan, Ben-Jimmy à la fin, entre autres ..). Les états d'âmes de Ben, et ce qu'il fait globalement, ne m'ont pas vraiment passionné, le personnage de Mark, ou celui de Matt, sont plus intéressants.
Pour ceux qui ont lu la Tour Sombre, le Père Callahan est là, mais n'apporte pas grand chose.
Barlow est un comte vampire de la trempe de Dracula. On ne le croise pas beaucoup, mais ses quelques apparitions font dresser les poils et sont marquantes. Son bras droit, Straker, fait le lien avec le monde des humains : il est froid, et vraiment flippant. Bien construit.
La fin :
C'est quand Matt meurt que le roman débute sa conclusion, avec la recherche finale du repaire de Barlow. Le lieu n'est pas bien choisi, et l'attaque est rapide : c'est logique avec le scénario, il y a un peu de tension avec le coucher de soleil. Du coup, il n'y a pas vraiment d'effet waouh, c'est juste correct.
Il y a un épilogue, un an plus tard, qui n'est pas vraiment utile.
Les adaptations :
Les Vampires de Salem (1979) :
Téléfilm qui reprend globalement l'histoire de Salem, avec quelques aménagements, notamment pour réduire le nombre de personnages (Jimmy Cody n'existe plus, le médecin est le père de Susan, par exemple). Ce n'est pas terrible quand même, la faute notamment à une mise en scène et à un jeu d'acteurs assez mauvais (je pense que mes comédiens collégiens du club théâtre que j'anime jouent mieux la peur que les seconds rôles de ce film). Mais il y a encore moins bien : Barlow est laid, il est monstrueux plutôt qu'élégant et hypnotisant dans le livre, Straker a une force terrible, Mark n'est pas aussi attachant que dans le livre, Matt disparait vite de l'histoire, il n'y a pas de recherche sur les vampires, la maison de Marsten n'est pas qualifiée de maison du Mal, l'une des grande marotte du livre. Il y a quelques frissons, et on retrouve les personnages du livre, mais ce n'est pas bon ! (même pour un téléfilm).
Les Enfants de Salem (1987) :
Dans ce "film", les vampires sont installés à Salem depuis des décennies, ont établi des relations avec les bâtards humains qui les protègent : rien à voir avec le roman, rien à avoir avec le film précédent. Pourtant, en tant que tel, le synopsis de base pourrait être intéressant : des vampires souhaientent redorer leur blason en convoquant un journaliste pour qu'il puisse écrire un livre sur eux. Sauf que c'est fait avec les pieds, avec un scénario catastrophique, des acteurs qui ne savent pas jouer, se placer, un monteur qui fait n'importe quoi (la scène de la rivière, la jeune vampire qui s'assoit dans son cercueil en flamme, le chasseur de nazi (oui, y'en a un) qui se prend les pieds dans un piège et qui ne se fait pas attaquer par des vampires à 2 mètres, et tellement d'autres scènes), les agissements et relations des personnages sont nuls. Ce film est un navet complet.
Salem (2004) :
Téléfilm qui ressemble vraiment à un film en deux parties. Il fait carrément le job, une bonne adaptation ! Ca démarre très rapidement avec une bonne présentation des habitants de la ville, ils sont bien caractérisés, repérables, semblables au livre finalement. En une demi-heure, on connait Salem et on peut profiter des premières apparitions des vampires. Ces vampires sont d'ailleurs assez crédibles, les effets spéciaux sont corrects. J'ai vraiment apprécié retourner à Salem. Quelques défauts : l'histoire de l'hôpital, le retournement du père Callahan, Donald Sutherland qui cabotine un max, la relation Ben-Susan, l'arnaque de Cody .. et la résolution vraiment rapide du film, mais c'est aussi le cas pour le livre. Ca vaut le coup de le voir.
Salem's Lot, film de Gary Dauberman (2024) :
Je l'ai attendue cette adaptation. Ce film n'est pas sorti au cinéma, directement sur Max. Ce n'est pas un bon film, le montage est peu recherché, les scènes se succèdent sans transition, sans point mort. Les liens entre les personnages ne sont pas travaillés, tout va très vite. Pareil pour Matt, qui découvre tout très vite. Ca va trop vite pour qu'on puisse s'attacher à l'histoire, c'est trop survitaminé. Les scènes en elle-même sont plutôt bien faites, avec de bons moments de tension. Il y a même des bons choix visuels (l'attaque de Straker (Pilou Asbaek, Euron de GoT) dans les bois). Le jeu d'acteurs est moyen. Le film suit globalement le scénario du livre, en tout cas au début, sauf pour certains personnages qui ne meurent pas de la même manière (j'ai été surpris pour Matt), et surtout sauf la fin, au cinéma en plein air : c'est pas terrible comme choix. Tout comme le choix de détruire Barlow (là, encore moche), alors qu'il "survit" dans le roman. Moyen, et sans charme.
Mon avis écrit quand j'étais ado :
Ce livre est assez perturbant au début puisque la présentation de tous les personnages de la ville est longue. Les premiers évènements importants ne se déroulent qu'après la moitié du livre. Jusqu'à ces premiers évènements, l'ambiance du livre est assez ennuyeuse, puisqu'on est sur le point d'arrêter la lecture, la seule référence deStephen King suffisant à empêcher cet arrêt, et c'est la meilleure solution puisque la fin du livre est digne des meilleurs de ses livres. Donc ce livre est bon mais peut paraître long au début, malgré sa courte durée, mais se lit d'une traite après.
L'avis de Lo^ol, une amie lectrice :
Tout à fait d'accord avec toi, j'ai quand même adoré le livre avec cette micro-société dont la description peut paraître longue mais sans elle, le reste du livre n'aurait aucun charme. ( je ne lis que les avis personnels ) : note : 9/10.