Running Man
(sous le nom de Richard Bachman)

Traduction anglaise : The Running Man.
Publication : Mai 1982.   

  

Synopsis sans trop de spoil :
Nouveau récit dystopique après Marche ou Crève pour Richard Bachman, écrit 3 ans plus tôt. La société semble tout de même encore plus pourrie, avec une caste puissante et une plèbe qui souffre terriblement à côté. C'est dans ces bas-fonds qu'on rencontre Ben Richards.
Afin de réunir assez d'argent pour soigner sa petite fille, Ben s'inscrit aux Jeux, une sorte de Fort Boyard glauque et violente qui comprend plusieurs épreuves différentes. Et Bim, Ben est recruté pour le jeu de La Traque, c'est le pire de tous, le plus lucratif aussi. Ben Richards va devenir un fugitif, traqué par l'ensemble de la population qui reçoit de l'argent s'ils apportent des informations, et par des tueurs.
Un synopsis comme je les aime.
 
Mon avis global (sans spoil) :
Entre quelques romans que je n'avais pas spécialement envie de relire (Chantier, Cujo, Christine), The Running Man était vraiment celui que je voulais relire. J'en avais gardé un excellent souvenir.
Et en fait, c'est vraiment le synopsis que j'adore. J'aime beaucoup l'ambiance un peu sale de ce roman, la dystopie est décrite sommairement, on n'a pas toutes les informations, mais on est dedans. Le rythme du livre est vraiment agréable, l'action y est quasi-continue, le livre est assez court, peut être parfois un peu trop. L'installation de la Traque est un petit délice à lire, le début de la traque est aussi intéressante : je dévorais le roman.
A partir de la course poursuite en voiture (à la moitié du roman), j'ai été moins passionné par le roman, qui perd un peu en rythme, la traque perd en pression. C'est encore moins bien dans la dernière partie. Par contre, la rencontre avec Amélia donne des discussions assez croustillantes : le duo fonctionne bien.
En conclusion, c'est quand même une histoire vraiment bonne, elle se lit vite, elle fait réfléchir, son univers reste en mémoire.
 
La structure (je commence à spoiler légèrement) :
Ce roman est composé comme un Compte à rebours qui débute à 99. Chaque chapitre porte donc un nombre, et correspond à globalement une péripétie de Ben. C'est un découpage assez agréable à suivre, qui nous installe (de façon artificielle) dans le rythme effreiné de la Traque, même si tous les chapitres sont un peu anonymes.
 
Le scénario (je spoile, rappelez-vous en) :
Le livre débute par l'introduction à la traque : on apprend à connaître Ben Richards, sa vie, ses raisons de participer aux jeux. On apprend à connaître ces jeux, et en même temps, on effleure le monde dans lequel les personnages vivent. On apprécie Ben Richards, on déteste les membres du building des Jeux.
Dans une deuxième partie, Ben Richards se retrouve en fuite, notamment dans un hotel qu'il explose. C'est tendu, il fait des choix. Il rencontre ensuite deux personnages, le plus important étant le politisé Bradley, le plus important de l'histoire, qui laisse envisager un mouvement de résistance, juste effleuré par le récit. Nous, on continue de suivre Ben avec Elton, la course poursuite, la blessure.
Il y a ensuite la rencontre avec Amélia, qui emmène Ben Richards vers le bout de sa traque.
Un tour de passe-passe un peu téléphoné permet d'entrer dans l'avion final, pour une fin de roman assez peu convaincante.
 
Les personnages :
Le Running Man est Ben Richards, un personnage à la vie touchante, il aurait pu être un héros, surtout qu'il s'inscrit à la traque pour sauver sa petite fille. Il a une intelligence technique, il sait faire beaucoup de choses. Par contre, il n'a pas beaucoup de recul sur ce qu'il fait, sa communication est parfois défaillante, ce qui le met en difficulté. Il est un peu rustre aussi, et n'a pas une volonté de résistance.
Cette résistance, on l'obtient avec Bradley, le véritable héros du livre, qui oeuvre dans les bas-fonds. Il aide beaucoup Ben Richards. Elton semble beaucoup moins efficace.
Amélia est un personnage qui nous ramène un peu plus dans la réalité. Rencontrée dans la campagne, alors qu'elle vivait sa simple petite vie, un peu comme nous quoi. Son existence va changer quand elle va subir la rencontre avec Ben. Les discussions avec Ben vont aussi être intéressantes.
On a deux antagonistes : le patron Dan Killian est un requin, qui ne réagit que pour l'appât des gains. L'autre est McCone, dont le nom est cité en début de roman, qui reste dans l'ombre, jusqu'au final, où il devient le tueur intelligent à éviter. Il est victime des stratégies peu convaincantes de Ben Richards, et passe globalement pour un loser. Ce personnage ne m'a pas du tout inquiété pour la fin de l'histoire.
 
Petite prédiction juste avant la fin :
Je n'ai quasiment presque aucun souvenir de la fin du livre. J'ai aussi quelques souvenirs de l'adaptation.
Ben est dans l'avion avec Amélia et McCore. Je crois me souvenir que Ben conclut ses 30 jours de cavales dans le Building des Jeux, en y mettant un sacré foutoir, détruisant le système. Mais il va sûrement lui aussi y passer. Il va sûrement revoir Killian, et peut être aussi le troisième élu, celui qui a été mis de côté au début du livre.
Je vois la fin comme un énorme barroud d'honneur.
 
La fin :
Quand il monte dans l'avion, on ne se doute pas que Ben ne mettra plus jamais les pieds à terre. La fin est un peu tirée par les cheveux, l'échange de balles dans les airs est trop à l'avantage de Ben qui prend le dessus sur des agents sur-entraînés. C'est un peu trop gros pour être crédible, et on y perd l'ambiance de tout le roman. A la toute fin, une fois que Ben a compris que sa fille et sa femme étaient mortes, et qu'il était éventré, on assiste à une conclusion assez plaisante, presque jouissive, de l'avion qui vient s'écraser sur Killian.
 
 
Les adaptations :
 
Running Man, film de Paul Michael Glaser (1987) :
C'est un Arnold Schwarzenegger déjà star qui incarne Ben Richards, déjà Conan le Barbare, déjà le Terminator, luttant contre le Predator. Et le scénario a été composé pour exposer les gros muscles de Schwarzy. Le principe du jeu contre la mort a été gardé, mais c'est tout. Ben Richards n'est pas du tout le même, il ne participe pas aux Jeux de son propre gré, c'est un prisonnier dont c'est la punition : ça change tout. Puis la Traque n'est pas du tout la même : Ben Richards est lancé dans le monde entier dans le roman. Là, dans le film, il est confronté à des tueurs, sorte de boss finaux dans des jeux vidéos, chacun ayant sa façon de tuer. Ce n'est pas la même histoire .. La chute du système est montrée dans le film, contrairement au livre, dans lequel cette chute est hypothétique et seulement suggérée.
Bon, c'est une mauvaise adaptation. Et le film ? Et bien, il n'est pas très bon, il traîne un peu en longueur, est assez répétitif, que ce soit les couloirs du Jeu, ou le toboggan-bobsleigh. Le scénario et les personnages sont tellement caricaturaux. En le revoyant, je pensais que le film pouvait être un petit plaisir coupable, mais même pas ...
 
..., une nouvelle adaptation d'Edgar Wright (2025 ?) :
En fait, je suis vraiment très très très hypé par cette nouvelle adaptation. Edgar Wright est un réalisateur qui fait ce qu'il aime, de façon originale : il a tout pour réussir cette adaptation.
   
 
Mon avis écrit quand j'étais ado, c'est très surprenant, j'avais un avis complètement différent :
Ce livre est le premier que j'ai lu de Stephen King, et on peut affirmer qu'il est bon. Le personnage de Ben Richards devient rapidement un héros ou plutôt un anti-héros (genre Pliskens dans New-York 1997). Il essaie de sauver sa vie et la vie de sa famille en s'enrôlant dans un Jeu dont on aperçoit dès le commencement la barbarie. Le suspense de ce jeu entraîne le lecteur à lire la fin du livre, fin un peu différente du début du livre mais bonne quand même. On peut aussi remarquer que ce livre ressemble beaucoup au livre Marche Ou Creve, publié quasiment en même temps. Ce qui prouve l'opinion négative qu'a Stephen King des programmes de cette époque. Malheureusement, l'adaptation cinématique de ce livre est un vrai navet, une production hollywoodienne très mauvaise avec Arnold Schwarzeneguerre, qui aurait pu bien adapter Ben Richards pourtant, qui n'adapte que l'esprit du Jeu. Ce livre est donc bon, agréable à lire, et ne ressemble pas du tout au film, heureusement
 
L'avis de Lo^ol, une amie lectrice :
Ici, Stephen King critique l'importance de l'audiovisuel dans nos vie ainsi que les résultats des soit disants progrès de l'homme... Au XXII ème siècle, les pauvres doivent représenter environ les 99% de la population et un jeu télévisé fait rage: Running Man. Trois hommes très minutieusement sélectionnés sont lachés dans la nature en même temps, ils ont pour seules consignes de survivre et d'envoyer tous les jours une cassette vidéo à la chaîne télévisée afin de montrer qu'ils sont encore en vie..., quelques heures plus tard: les recherches commencent, s'ils réussissent à se cacher un certain nombre de jours, quarante il me semble ( tous les hommes peuvent participer aux recherches ) ce qui n'a jamais été vu, ils auront droit à la prospérité, s'ils échouent, ils meurent, car un hommea perdu lorsqu'il est mort et, de plus, une récompense est offerte à celui qui l'a tué.
Présence très forte de la modernisation, de l'effet des nouvelles techniques sur le monde et les hommes: aucune compassion, c'est du chacun pour soi. Une fin innatendue surtout que notre homme participait ici pour avoir assez d'argent pour acheter des médicaments à sa femme malade.
 
 

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