Marche ou Crève
(sous le nom de Richard Bachman)
Traduction anglaise : The long Walk.
Publication : Juillet 1979.
Synopsis sans trop de spoil :
Dans un futur proche, dans une Amérique qui semble perdue et relativement autoritaire, 100 jeunes adultes, en fin d'adolescence, participent à La Marche tous les ans, à partir du 1er mai.
La Marche, c'est quoi ?
A partir d'une ville du Maine, les 100 partipants doivent marcher, continuer à marcher, sans s'arrêter. Il y a une vitesse minimum : 6,5 km/h, ou 4 miles par heure.
Si un concurrent marche avec une vitesse inférieure à cette limite, il prend un Avertissement. Si après 30 secondes, rien ne change : 2ème avertissement. Il a encore le droit à un 3ème avertissement. Il n'y aura pas de 4ème Avertissement, il recevra alors son Ticket !
Seul le dernier concurrent gagne Le Prix.
Mon avis global (sans spoil) :
C'est vraiment trop bien.
Pas de prétention dans ce bouquin, un synopsis simple, un principe unique, juste des discussions entre amis/concurrents, les pensées de Garaty (n°47), et c'est bon, on a tout ce qu'il faut.
Ca se lit avec apétit, on tourne mécaniquement les pages, c'est top !
La structure :
Partie très simple, puisque le roman n'est formé que d'une seule partie.
La Marche débute à la 11ème page, et se termine à la dernière page.
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile pour de bon) :
Là encore, peu de chose à dire, c'est juste très bien écrit.
Les anecdotes sur la vie de ces adolescents s'enchaînent avec délectation.
L'esprit de Garraty se dégrade au fur et à mesure des pages qui se tournent. On ressent la fatigue, les heures qui passent, les tickets qui se distribuent.
On a régulièrement des points sur la situation, le nombre de vivants, la distance parcourue, les villes traversées.
Les personnages :
Ils sont 101 personnages dans ce livre, les 100 concurrents et le Commandant.
Ray Garraty (n°47) : Celui par lequel nous suivons la marche. C'est un gars prêt physiquement, plutôt sympathique avec les autres, pas forcément très malin, et qui est plutôt paumé, et dépassé par ce qu'il son inscription à cette Marche. Il regrette d'ailleurs assez rapidement. C'est le "héros" de l'histoire, mais ce n'est pas vraiment un héros, à part sa force physique.
Peter McVries (n°61) ; Il devient le meilleur ami de Garraty, son confident. Il est plus malin que Garraty, il connait mieux la Marche, et ses conséquences. Ses réparties cinglantes sont toujours un petit plus lors d'une discussion. Généreux, il va sauver deux fois Garraty en l'obligeant à continuer. Sa fin est très triste, malgré sa rapidité.
Gary Barkovitch (n°5) : Il est un peu l'antagoniste. C'est le gars très désagréable qui se réjouit de la mort des autres.
Stebbins (n°88) : Le marcheur mystère, celui qui est toujours en dernière position. On ne sait jamais quoi en penser jusqu'à la fin. Ses remarques sont encore plus cinglantes et cyniques que celles de McVries. Seul Garraty semble lui parler. C'est un marcheur très intrigant.
Le Commandant : Il est là, derrière l'organisation de La Marche, on ne le voit presque jamais, on en entend parler, tout le monde finit par le détester. Sa présence ne sert pas à grand chose.
La fin :
Jusqu'à 2 pages de la fin, ils sont encore 3, les trois principaux personnages du roman.
La fin est bien, elle est concise, triste, conclusion logique de l'épuisement très bien ressenti par le livre.
La dernière phrase est lyrique, et peut être comprise de plusieurs façons : est-il en train de mourir, ou seulement en train de gagner ?
Les adaptations :
Marche ou Crève, film de Francis Lawrence (2025) :
Il y a moins d'une heure, j'étais encore au cinéma ! C'est donc un avis tout frais ...
C'est une excellente adaptation du roman, et un très bon film aussi, très marquant, on n'en sort pas indemne, tout comme quand on lit le livre. Pas de grand spectacle, juste un mal être ambiant pour le spectateur et du dialogue, des relations entre êtres humains dans un contexte horrible : nous sommes bien dans un Stephen King, pas de doute.
La trame du roman est très bien respectée, même s'il y a des différences : 50 participants au lieu de 100, pas de public autorisé. On retrouve certaines exécutions : le premier nerveux qui a des crampes, celui qui meurt à cause de Barkovitch, celui qui a la chiasse, celui qui essaie de s'enfuir. La plupart des personnages sont aussi présents : on adore toujours Peter McVries, Garraty est plus intéressant que dans le roman, Barkovitch est détestable, j'ai beaucoup aimé Olson, il n'y a que Stebbins qui manque d'approfondissement, il n'est pas le cynique du roman.
Quant à la fin du film, j'ai apprécié la mort du 49ème (pour ne pas spoiler plus), je n'ai pas du tout aimé la réalisation de son voeu (ça gâche la fin), et la toute fin ressemble à celle du roman.
Les adaptations :
Il y a eu des envies de faire une adaptation de Marche ou Crève, c'est un roman très apprécié.
Franck Darabont a acquis les droit d'adaptation, mais ne s'est pas lancé dans l'aventure. Peut-être un jourr ?
Mon avis écrit quand j'étais ado :
Ce livre est bon. La manière dont Stephen King entretient le déroulement de la marche envoute le lecteur qui ne s'ennuit pas, le nombre de protagonistes et la courte longueur du récit permettant un enchaînement rapide des évènements. Le sujet du livre est aussi assez remarquable puisqu'une marche comme elle est décrite dans ce livre entraîne le suspense et surtout l'envie de finir le livre. Malheureusement, la fin du livre réserve de mauvaises surprises aux accrocs des livres à rebondissements, puisqu'elle est assez attendue et pas assez originale donc. Mais ce livre mérite d'être lu, notamment par les amateurs de gore, puisque la description des cadavres et de la manière dont ils meurent est du pur Stephen King.
L'avis de Lo^ol, une amie lectrice :
Il est dans sa satire très proche de Running man : des hommes participent à un jeu télévisé: une longue marche au bout de laquelle, s'ils gagnent, ils auront droit à la prospérité tout le reste de leur vie. Lors de cette marche, il ne faut pas marcher à moins de 6 km/h et les vivres distribués sont très limités. Lorsque la limite des 6 km/h est dépassée ou s'ils s'arrêtent, les hommes ont droit à un avertissement qui peut être annulé au bout de quelques heures sans encombres. Au bout de trois avertissements, ils sont fusillés de sang froid par des hommes suivant la course.
On suit l'une de ces courses, les abandons, le courage que déploient certains hommes face à la fatigue, les amitiés qui se créent pour peu de temps car on sait que dans une semaine tout au plus, soit soi, soit son voisin ne sera plus de ce monde. Je trouve la fin assez innatendue même si ce n'est pas le cas d'Atchoum, à vous de voir...Il existe à ma connaissance deux versions à l'écran, j'ai vu la version télévisée qui est fidèle au livre mais qui apporte beaucoup moins de sensations, l'adaptation cinématographique de Stanley Kubrik, à ce que j'ai entendu dire, est beaucoup inspirée du livre mais s'en éloigne aussi sur de nombreux points.