L'Année du Loup-Garou
Traduction anglaise : Cycle of the Werewolf.
Publication : Novembre 1983.
Synopsis sans trop de spoil :
Dans la petite ville de Tarker's Mills, un loup-garou sévit tous les mois en découpant et en grignottant les pauvres habitants innocents. Que se passera-t-il en décembre ?
Mon avis global (sans spoil) :
Ce n'est pas très bon. En fait, c'est carrément insignifiant. Stephen King voulait faire un hommage aux films de loups-garous (à Londres, à Paris) en le situant dans le Maine. Il prend le pari de nous cacher l'identité du loup-garou jusqu'aux deux derniers mois, ce qui est une mauvaise idée car on ne s'attache, ni on ne retient aucun personnage. Et l'histoire ne m'a pas marqué : une semaine plus tard, j'avais oublié comment elle se finissait.
La structure est énergique, et pour cette structure, il est très bon et très bien ficelé : on voit quand même le talent de SK à chaque début de chapitre, où il réussit à résumer en quelques lignes la vie de Tarker's Mills au cours du mois passé.
Mais cette histoire aurait sûrement mérité d'être plus profonde. Stephen King ne retouchera plus au mythe du loup-garou, et ça, c'est vraiment dommage.
La structure (je commence à spoiler légèrement) :
C'est l'originalité de ce "roman" : un mois, deux ou trois pages seulement, un mort par le loup-garou. Bon, au bout de sept ou huit mois, Stephen King n'a pas pu se résoudre à augmenter le nombre de pages. D'ailleurs, l'avant-propos est presque plus intéressant que le roman.
Dans le principe, c'est pas mal, sauf que l'on retire toute substance aux romans de Stephen King : ça va trop vite, on ne peut pas s'attacher aux personnages, ni même aux morts. Il n'y a pas non plus beaucoup de suspence quand un chapitre débute : on sait que le monstre va tuer. Et il tue presque toujours, jusqu'au mois de juillet où l'on découvre le personnage "principal" de l'histoire : Marty.
Une précision, ce n'est vraiment pas une nouvelle, c'est plus un roman-chroniques. Il n'a pas la structure minimaliste d'une nouvelle, trop de personnages, trop d'événements, la structure est vraiment particulière.
Le scénario (je spoile, rappelez-vous en) :
Les 4 premiers mois, on déguste les morts les uns après les autres, et rien ne se passe vraiment dans la ville, même si un couvre-feu est établi en avril.
Mai et Juin apportent un peu de changement : on découvre deux personnages, le révérend Lowe qui rêve d'une église remplie de loups-garous (mais ce n'est pas lui qui meurt), et le tenancier de la taverne locale qui vit la transformation en loup-garou d'un homme connu de la ville. Ca nous lance vers une enquête pour savoir qui est le loup ? Et bien, non, pas vraiment, puisqu'il n'y a personne qui peut enquêter.
En juillet, Marty, garçon d'une dizaine d'années en fauteuil roulant, prend le rôle du bifteck. Et non, il réussit à se défendre en explosant l'oeil du monstre. Bien joué !
Mais rien ne change dans la ville, Marty s'en va hors de la ville, et les trois prochains mois ne sont pas intéressants.
C'est le soir d'Halloween qu'on apprend l'identité du loup-garou : c'est celui qui avait un oeil en moins.
Les personnages :
C'est ce qu'il manque le plus dans ce roman.
Marty Coslaw est un gamin assez attachant, sans plus. Il a juste eu de la chance de s'en sauver quand il apparait en juillet dans le roman, et il a le courage de provoquer le loup-garou pour pouvoir le tuer.
Il est épaulé par son oncle Al, qui a un peu plus d'empathie envers Marty, mais qui montre parfois d'inconscience. Il n'empêche que c'est un personnage qu'on aime bien.
Enfin, il y a le révérend Lowe, qui est torturé par sa religieux. Nous le découvrons en mai. C'est le seul personnage (hors famille de Marty) qui survit à sa description.
Petite prédiction juste avant la fin :
Marty connait donc l'identité de notre loup-garou après cette nuit d'Halloween. Il reste deux mois. Au mois de novembre, ça va être un carnage : le loup-garou va se faire un beau gueuleton de villageois qui vont aller le chasser. Il y aura notamment le papa de Marty. Marty ne pourra rien faire. Terrifié mais résolu à partir à la chasse au loup garou, on retrouvera Marty en décembre pour aller débusquer le loup-garou dès sa transformation, sûrement avec son oncle, et exploser la touffe de poils infernale avec un gros pétard.
La fin :
Trop déçu du mois de novembre, trop déçu de la balle en argent toute simplette. Le seul suspence est de savoir si Marty va avoir le cran de tirer avec l'arme. C'est le cas, donc le livre se termine bien.
Ca manque de fun cette fin.
Peur Bleue :
Le roman est accompagné du story board du film qui a été réalisé juste après la sortie du roman. J'avoue que je ne l'ai pas lu, mais par contre, j'ai un peu feuilleté pour vérifier si c'était la même chose que le film. Je n'ai pas trouvé ça très intéressant à lire, j'ai donc abandonné l'idée de le lire.
Les adaptations :
Peur Bleue (Silver Bullet en original), film de Daniel Attias (1985) :
C'est un film de seconde zone, aux qualités et aux grands défauts d'un téléfilm. Ca suit le scénario du livre, avec un peu moins de mort, le rythme "un mois, un mort" n'est pas vraiment ressenti. Le village de Tarker's Mills est un beau repère de ploucs. Sinon, ça y ressemble globalement. A noter qu'il y a le carnage que j'avais imaginé en novembre, très mal réalisé : j'ai cru à un moment que j'étais dans un film comique ... ça ne l'était pas ? La course-poursuite entre le curé et Marty est complètement inutile.
Le film s'appuie sur une présence de Marty et de sa soeur dès le début du film. D'ailleurs, la relation entre Marty et Jane est vraiment le point positif du film. Jane a aussi un rôle plus important : c'est la narratrice, elle aide Marty à découvrir le meurtrier, à convaincre son oncle ou à organiser le déroulement final. L'oncle Red (qui ne s'appelle plus Al) est un poivrot en début de film, totalement inconscient ce coup-ci (nan, mais c'est quoi sa machine à tuer Silver Bullet ??), mais qui va finir par aider ses neveux.
Adaptation correcte, mauvais film.