Le Fléau

Traduction anglaise : The Stand.
Publication : Octobre 1978 (pour la version courte, la version longue (et remaniée pour la remettre au goût du jour) a été publiée plusieurs années plus tard).

  

Synopsis sans trop de spoil :
Un virus extrêmement mortel, aux capacités de contagion tout aussi extrêmes, se répend dans les Etats-Unis (et le monde mais on n'en parlera pas) et décime 99,9 % de la population. Nous suivons la vie de quelques survivants de ce Fléau, qui vont rapidement faire des rêves du bien (Mère Abigaël) ou du mal (Randall Flagg), dans une atmosphère très religieuse. Ils vont se réunir, se rencontrer, et vont surtout devoir choisir leur camp.
Un roman fleuve, le plus long de Stephen King, celui que beaucoup qualifient comme son Seigneur des Anneaux, son meilleur.
 
Mon avis global (sans spoil) :
C'est mon roman de SK préféré !
J'adore cette histoire, j'adore sa structure, j'adore son ambiance, j'ai adoré le lire une première fois, le relire, et j'aime en lire les commentaires, en parler.
J'ai lu ce roman en fin d'adolescence, ce n'était pas mon premier SK, et déjà, il m'avait bluffé. Je viens juste de le relire (à 40 ans), en connaissant toute la trame (j'ai revu entre temps plusieurs fois le téléfilm), en ayant peur d'être déçu ... mais non, je viens de prendre un pied énorme à le relire.
Je vais étaler tout mon amour pour ce roman dans les prochaines rubriques.
Et je vais aussi parler plus loin du côté mystique de ce roman, je n'aime pas les luttes du bien contre le mal, ce qui pour un fan de SK peut d'ailleurs se révéler paradoxal, et c'est le thème principal du roman, et je n'aime pas ça (et la résolution finale est plutôt nulle), mais ça n'empêche pourtant pas mon amour pour ce livre. Je développe plus loin en spoilant.
Bref, c'est LE roman à lire : il est génial !
 
La structure :
Ce long roman de 1500 pages est coupé dans mon édition en trois tomes, qui ne correspondent pas forcément aux parties différentes du roman. Je vais essayer de découper à ma manière.
 
La première partie offre une découverte des personnages, et la perte de leur entourage. Elle décrit aussi la pandémie. Elle est découpée en plusieurs petits chapitres, qui raconte l'histoire des personnages principaux (Stu, Franny, Larry, Nick, Lloyd, et enfin la Poubelle) en spiralée : exemple, pour Franny, son histoire est racontée sur 6 petits chapitres, sur cette première partie : 2, 6, 12, 20, 28, 36. Ces chapitres sont assez courts, et nous font voyager dans plusieurs parties des Etats-Unis en quasi-simultané, ça simule bien l'expansion rapide et irrémédiable du Grand Voyage. A noter le génial chapitre 8, qui, avant même la présentation de Nick, décrit une chaîne épidémique. Plus tard, le chapitre 26 développe le traitement de l'information (c'est l'un des thèmes que voulait développer SK), et puis le chapitre 38 décrit plusieurs morts stupides (ou tristes) de survivants à l'épidémie ("pas une grande perte") : moi, j'adore ! Le premier tome (et cette première partie) se conclue sur la rencontre entre Frannie et Stu (et Harold) au chapitre 42, qui introduit l'ambiance du tome 2.
La seconde partie de l'histoire est axée sur les rencontres entre les protagonnistes de l'histoire, et leur parcours pour rejoindre le Nebraska pour les suiveurs de Mère Abigaël (que l'on découvre au chapitre 45, au moment où les premiers arrivent), puis vers Boulder. Les chapitres sont plus longs, faits de sauts dans le temps, de flashbacks (par le biais du journal de Frannie par exemple), mais c'est tellement bien écrit qu'on ne se perd pas. Et puis, nous connaissons tellement nos personnages que nous réusssissons parfaitement à les suivre. Pour les adorateurs de Randall Flagg, seule l'arrivée à Cibola de La Poubelle (chapitre 48) n'est écrite sur cette partie : j'ai beaucoup aimé ce chapitre (cf rubrique le bien contre le mal).
Quand tous arrivent à Boulder (au début du chapitre 50), commence alors la création du Comité, ou comment structurer une communauté survivante : je pense que SK s'est vachement limité sur cette partie, il aurait pu en écrire tellement plus, et c'est très intéressant, mais ça n'entre pas dans le thème principal du livre, la lutte entre le bien et le mal. C'est une sorte de pause dans le roman. D'ailleurs, sur toute cette partie, nous n'allons jamais aller à Las Vegas. Mais des manigances s'organisent à Boulder, les forces du mal sont à l'oeuvre jusqu'à l'apothéose du chapitre 58 : j'essaie vraiment de ne pas spoiler. Tout lecteur sait de quoi je parle..
La quatrième partie du livre est l'exacte opposée à la troisième. Nous allons être à Las Vegas du chapitre 61 au 71, avec l'empire de Randall Flagg qui s'effrite. Aucun retour sur Boulder, et sur nos héros. Il y aura une transition dans le 71ème chapitre pour retrouver les 4 marcheurs. Et là, c'est très rapide : le chapitre 73 est globalement la conclusion du livre, une cinquième partie très concise.
La sixième partie est le retour à Boulder des derniers survivants, c'est une partie non essentielle, mais qui n'est pas désagréable. Les deux derniers chapitres sont l'épilogue du roman.
 
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile pour de bon) :
Le scénario de ce livre est presque parfait, l'un des points forts de ce roman.
La description et les conséquences de l'épidémie sont très bien construites, ça se lit vraiment trop bien. La gestion de la maladie par Stephen King est carrément crédible, grâce notamment aux chapitres de l'armée, qui explique les critères de contagion, de mortalité. En parallèle de ces données scientifiques, on vit la maladie dans les yeux des protagonnistes, avec énormément de phrases du genre : "derrière Larry, un homme toussait" "En s'essuyant le nez, elle lui dit ...'. C'est un énorme plaisir à lire.
Ensuite, c'est le grand périple pour rejoindre Boulder. C'est vraiment très bien. Je regrette cependant que nous ne suivions pas un protagonniste qui viendrait de la côte pacifique pour rejoindre Boulder, en devant traverser les Rocheuses, et potentiellement rencontrer des suiveurs de Randall Flagg. Par exemple, j'ai beaucoup apprécié le périple de la Poubelle et son accueil par Lloyd. Autre manque, il n'y a pas beaucoup de rencontres cordiales entre ceux qui vont à Boulder et ceux qui vont à Las Vegas, or plus tard, on voit bien que des gens biens sont à Las Vegas.
A Boulder, toute la reconstruction de la société aurait peut être mérité plus de pages, avec notamment d'autres personnages "utiles", les techniciens. J'ai beaucoup aimé le brutal passage à Las Vegas, et la présentation des habitants de la ville lumière. Il y a plein d'idées très bonnes, les 3 espions, tout qui s'effrite, l'arrivée de Nadine.
Bon, on parle de la lutte entre le bien et le mal ?
 
Le Bien contre le Mal :
Je n'aime pas de façon générale les luttes entre le Bien et le Mal, et encore moins tout le mysticisme autour de cette guerre souvent religieuse.
Souvent très critique des bondieuseries, Stephen King livre ici le Combat final entre le Bien et le Mal, avec énormément d'actes magiques venant de Dieu ou du Mal, que ce soit par leur prophète, ou par simplement des visions qu'ont les protagonnistes. Et jusqu'à la conclusion finale, qui est le Deus-Ex-Machina ultime.
Le récit avait-il besoin de ça ?
J'en suis très ennuyé, et c'est pour moi le gros point noir de ce roman. Mais pourtant, en creusant un peu ...
En fait, je n'aime pas les personnages que sont les deux prophètes. Randall Flagg est bien sûr un démon, le vrai antagoniste que l'on peut détester sans aucun soucis. Le 3ème tome lui offre un effondrement assez agréable à lire. Mais Mère Abigaël ne m'est pas non plus très sympathique. Arriérée dans ses idées (au niveau des femmes notamment), pieuse jusqu'au bout des ongles, je n'ai pas aimé les passages qui lui sont consacrés.
Stephen King nous présente aussi deux sociétés différentes, entre celle de Boulder et celle de Las Vegas, mais ne semble . Boulder semblerait le meilleur endroit pour vivre, mais .. la démocratie y est plus que bancale (si on ne t'aime pas, tu n'as pas ta place, n'est-ce pas Harold ?), c'est une société guidée par les sentiments, religieux surtout. La société manque d'organisation et globalement d'envie de s'organiser chez la plupart des habitants de la ville : un gars qui semble peu malin souhaite à un moment donné entrer dans le comité, par exemple, et les armes reviennent en force au retour de Stu alors qu'à priori, il n'y a pas de menace. A Las Vegas, c'est presque plus simple. La dictature démoniaque est bien sûr un gros problème, elle est basée sur la peur, et tous les habitants de Las Vegas ont peur de faire une connerie. Oui, d'accord, mais sinon, tous sont intégrés à la société et on leur a trouvé un moyen pour être utiles à la société. Tout est bien organisé, et les gens semblent y vivre relativement heureux. Au final, ce qui détruit la société de Las Vegas, c'est la présence de celle de Boulder qui provoque les colères et agissements de Randall Flagg. Alors, qui est le Bien ?
En conclusion, même si le combat entre le Bien et le Mal parait assez simpliste et évident, si l'on creuse un peu, le Bien n'est pas si bien que ça, et le Mal n'est pas si destructeur que ça.
 
Les personnages :
Ce roman fleuve est l'épopée de plusieurs personnages. Ce qui est le plus impressionnant avec ce livre, c'est que je me rappelais des noms de plusieurs de ces personnages, plusieurs années après ma lecture. Ils marquent ! Je vais parler des plus charismatiques, et aussi des duos importants qui se forment au cours de l'histoire.
 
Stu Redman : C'est un faux plouc du Texas, il a l'esprit pratique, fonceur, et toujours très généreux dans l'effort, amical avec les autres. C'est le héros américain par excellence. Ce n'est pas le personnage le plus intéressant, mais c'est lui qui fait souvent avancer l'histoire, et qui vit les scènes d'action les plus marquantes du roman.
Frannie Goldsmith : C'est ma grosse déception ! Au début, c'est une jeune femme très autonome, presque féministe, qui prend ses propres décisions et qui aurait dû être le personnage principal du livre. Et non, quand elle rejoint Harold, puis ensuite avec Stu, elle ne prend plus de décision importante, elle crie juste aux valeurs morales et s'inquiète pour son bébé (son intérêt ...), en pleurant beaucoup, et en faisant quelques boulettes (On en parle d'Harold ?).
Larry Underwood : Pille au moment où il pouvait devenir une rock star, mais sans gérer sa carrière, Larry est un loser qui a quand même la classe. Il se pose beaucoup de question, n'a aucune confiance en son identité, avant de se révéler un "bon gars". C'est un personnage plutôt intéressant à suivre, il est notre repère du doute. Sa mère est trop bien écrite, trop triste quand elle commence à tousser.
Nick Andros : Il n'est pas une compote, mais entend et parle aussi mal qu'elle. Personnage malin, lui aussi très généreux et solidaire, il est l'instigateur du comité et des bonnes idées à Boulder. Sa mort est un choc, car c'est le personnage qui semblait avoir le plus de potentiel.
Mère Abigaël : Je n'aime pas ce personnage, car elle symbolise ce que je n'aime pas dans ce roman (les messages de Dieu). Je la trouve assez peu crédible, hors réalité, trop fière d'elle. Du coup, je ne comprends pas l'amour qu'ont les personnages envers elle. J'ai eu beaucoup de difficulté à finir le chapitre qui la présentait.
Glen Bateman : C'est mon personnage préféré. Sociologue maniant l'ironie et le cynisme tout en théorisant sur l'avenir de l'humanité. C'est le personnage le plus intelligent, celui qui comprend mieux les événements. Stephen King n'utilise ce personnage qu'avec Stu, les discussions entre ces deux personnages sont excellentes !! Le meilleur duo du livre.
Ralph Brentner : Le paysan à l'esprit pratique, et à la gentillesse débordante. Il est utile pour la vie dans Boulder, mais sa présence ne marque pas : il est souvent utile pour lire et comprendre Nick. Le gars sympa quoi.
Tom Cullen : Géant blond, faible d'esprit. Il devient l'un des personnages les plus touchants et les plus importants du livre : il est parfaitement écrit.
Sue Stern : Susan est le personnage qu'aurait dû devenir Frannie. Forte, semblant pouvoir proposer des bonnes idées progressives, elle est cependant oubliée par Stephen King, et sa mort arrive beaucoup trop tôt. J'aurais vraiment préféré qu'elle fasse partie des 4 qui partent pour Las Vegas, et que Ralph meurt à sa place par exemple. Pas que je préfère le personnage, seulement elle aurait été plus intéressante à suivre.
Kojak : Chien trop intelligent pour être un chien.
 
Harold Lauder : Est-ce le personnage le plus intéressant du roman ? J'ai tendance à croire que c'était le préféré de SK, tellement il en parle, et tellement il le fait souffrir. Adolescent intelligent, mais socialement très fragile, Harold est plein de défauts et plein de qualités. Stephen King va adorer le faire balancer entre le bien et le mal, et cette indécision sera très agréable à lire. C'est finalement un manque de fraternité de la part de Frannie (la personne la plus morale de l'histoire ?) qui le fera basculer dans le côté obscur : une ironie du sort que manie si bien SK.
Nadine Cross : C'est l'autre personnage qui lutte entre le bien et le mal, et c'est aussi un personnage intéressant, moins qu'Harold cependant, car son approche est mystique, quand celle d'Harold est plus intellectuelle. Alors qu'Harold est victime d'un manque de fraternité de Frannie, Nadine va elle subir une soudaine loyauté de Larry. Ironie du sort ? Du coup, Nadine mérite bien ce qui lui arrive car elle a décidé tout ce qu'elle a vécu. Elle est pour moi l'opposé d'Harold, mais va finir aussi désabusée que lui.
Ces deux personnages sont vraiment les plus travaillés du roman, alors qu'ils ne sont que des personnages secondaires.
 
Randall Flagg : L'Homme noir est méchant. Il ne semble pas avoir d'autres buts que de faire le mal, de tuer ceux qui suivent Mère Abigaël, et d'engendrer. Pourquoi fait-il ça ? C'est juste car il est méchant. Il a des pouvoirs magiques, mais ils sont assez limités pour ne pas tout maîtriser. C'est un personnage détestable, ça peut être bien un personnage détestable, mais lui non. Sa chute sera assez plaisante.
Lloyd Henreid : Petit criminel sans cervelle, il reçoit un cadeau de la part de Randall : la vie et pour une fois dans sa vie des responsabilités. En signant son pacte avec le diable, il devient plus intelligent, très loyal, et presque sympathique la plupart du temps (sauf avec Dayna au final). A la fin, il est presque touchant.
La Poubelle : Pyromane qui a une intelligence sélective, complètement paumé, produit de multiples maltraitances dans sa jeunesse, La Poubelle est lui aussi un personnage attachant (mais complètement taré). Encore une fois, je pense que SK aimait beaucoup ce personnage, si bien qu'il le torture jusqu'au bout du bout. C'est lui qui permet au livre de conclure.
La rencontre entre Lloyd et La Poubelle est un grand moment de cette histoire.
 
 
Petit Cadeau : La carte du Fléau, trouvée sur internet à un moment (mais qui a disparu) : clique dessus pour l'agrandir.

  

 
La fin :
Normal : Puisque le roman est génial, la fin est assez mauvaise.
Que La Poubelle soit l'instigateur de la chute de Randall, et que celle-ci arrive aussi brusquement, ne me dérange pas spécialement, même si c'est vraiment bâclé : un chapitre !! Un seul chapitre contient le moment où les 3 marcheurs sont capturés puis la fin du livre.
Ce qui me gêne le plus, c'est la main de Dieu .. ça ne passe pas ! Mais pas du tout !
Et c'est une critique très souvent effectuée à ce roman : beaucoup de lecteurs détestent la fin, mais adorent quand même ce roman. C'est dire à quel point le reste du roman est sensationnel.
 
 
Les adaptations :

Le Fléau, mini-série de Mick Garris (1994) :
Presque 6 heures ce téléfilm. C'est bien ce qu'il fallait pour aborder un minimum cette histoire.
Est-ce que c'est un bon film ? Non.
Est-ce que c'est trop bien de le regarder ? Oui.
Ce téléfilm a beaucoup de qualité : la plus importante est qu'il est une adaptation du Fléau, et qu'il a été la seule pendant 25 ans. Il est plutôt fidèle au roman, sur les événements qu'il propose. Quelques petits changements (sauf pour Nadine où les changements sont vraiment très gros, et assez mauvais). Ce que j'aime beaucoup dans ce téléfilm, c'est la qualité du casting, non pas que ça joue bien (et le doublage français est très moyen), mais les acteurs ont plutôt des tronches, et leurs attitudes collent parfaitement aux personnages (Tom, Stu, Glen, Julie Lawry, La Poubelle (nommé ici l'Ordure), le juge Farris, Ralph, Lloyd, Abigaël, sont très reconnaissables). Quand j'ai relu le livre ces dernières semaines, mes personnages avaient la tête des acteurs du téléfilm : ça colle très bien.
Pour les défauts, il y a les défauts des téléfilms classiques, il y a de grosses longueurs, un manque de rythme effarant. Les relations entre les personnages ne sont pas bien travaillées : Frannie est un peu trop proche d'Harold en début de film, et puis il y a Nadine : c'est un mélange entre Rita et Nadine, mais en prenant le pire des deux. Elle est trop folle pour être crédible, et tout comme Harold, on n'a pas assez de doutes sur leur penchant vers le côté obscur. Larry est aussi beaucoup plus imbuvable que dans le livre, surtout en début de film.
Autre gros point négatif pour moi, c'est le traitement de Las Vegas. Dans le film, ils sont tous fous, barbares, là-bas, alors que j'avais beaucoup aimé le contraste entre la vraie vie à Las Vegas et leur dictateur démoniaque. De façon générale, le film est beaucoup plus manicchéen que le livre, avec beaucoup, beaucoup trop de Mère Abigaël.
Encore un défaut, la musique sentimentale est trop présente, les petites touches de piano larmoyantes : c'est gavant. Dommage car il y a des thèmes plutôt sympas, comme le départ des 4 dans le désert.
Il y a des oublis, mais il fallait bien faire des coupes : la relation Larry-Nadine n'est pas assez bien construite, Léo-Joe n'est pas du tout travaillé, l'organisation de Boulder et du Comité (j'aimais bien), ou la fin entre Tom et Stu.
   
The Stand, série de Josh Boone (2020) :
Série très très très critiquée, aux notes Allocine terribles. J'ai adoré les quatre premiers épisodes, presque tout était parfait, avec quelques modifications très bien trouvées. La timeline est sur plusieurs niveaux temporels : le présent est globalement sur Boulder, quelques semaines après leur arrivée. Des flashbacks nous emmènent sur l'histoire du Fléau. J'aime bien ce découpage où l'on découvre les personnages (et leur histoire) au fur et à mesure, en tant que lecteur du roman. Pour ceux qui n'ont pas lu le roman, peut-être que c'était un peu difficile. Le rythme est vraiment bon.
Les personnages sont un peu modifiés (sur leur genre, leur âge (un peu trop jeunes), mais c'est très bien, Susan et Ralph disparaissent). J'ai adoré le traitement d'Harold et de Nadine, les deux personnages les plus intéressants du roman, ils sont très bien écrits, on perçoit parfaitement leurs doutes. Mention spéciale à Owen Teague, un Harold parfait. Jusqu'au début du 5ème épisode, j'étais parfaitement conquis !
Et puis, à partir de l'épisode 5, on va à Las Vegas, et c'est le gros loupé ! Quand on est à Boulder, tout va bien. Le Las Vegas de cette série est terriblement mauvais : c'est la fête du slip en cuir entre partouzes, drogues (certains se font crucifier pour de la drogue dans le livre, pour rappel) et violence gratuite, Lloyd et La Poubelle sont nuls, voire pathétiques. En trois mois, tout ce monde est devenu pervers, tarés et complètement stupides ?? Toute la finesse d'écriture de SK sur Las Vegas n'existe absolument pas. Normalement, à Las Vegas, il devait y avoir tous les techniciens, ceux qui aiment l'ordre, et on se retrouve avec le chaos le plus total, géré par des dirigeants au firmament de la stupidité : Julie, Lloyd et la présentatrice ..
L'arrivée des 3 espions est peu passionnante, l'arrivée de La Poubelle à Las Vegas est pire que tout, la scène du tribunal est pathétique. Même Nadine est nulle, fière de son bébé et qui change d'avis en deux secondes. La fin (épisode 8) est encore plus mauvaise, le discours de Randall Flagg est acclamé par une foule débile qui danse sur de la dance minable pendant que deux héros se font noyer, le "je ne crains aucun mal" est seulement scandé par deux pellos, il n'y a aucun rythme, et c'est encore pire avec la main de dieu. Comme c'est nul. Rien à sauver !
Et puis, il y a un dernier épisode ... sur lequel je n'ai pas d'avis, puisqu'il n'a pas grand chose à voir avec le reste du film, ni avec le roman. 
  
Le Fléau, série de 6 BD de Roberto Aguirre-Sacaca (scénariste) et Mike Perkins (illustrateur)  (1ère version (12 tomes) en 2013 - nouvelle édition chez Delcourt en 2022) :
Excellente série de bandes dessinées, reprenant très fidèlement le roman : tout y est !
Ce sont des comics, donc avec une imagerie américaine, mais elle est proche des BD franco-belges. Le dessin est plutôt agréable à suivre, Stu est parfois difficile à reconnaître.
Sinon, il y a vraiment tout au niveau du scénario, les sous-textes permettent de passer plus vite quelques passages, il y a quelques sauts dans le temps, mais c'est fluide. En tout cas, pour un lecteur qui connait le Fléau, c'est très fluide.
J'aurais peut-être espéré découvrir une histoire similaire mais avec des résolutions différentes. Mais non, c'est vraiment très fidèle.
Ca vaut vraiment le coup !
 
     
Mon avis écrit quand j'étais ado :
Le Fléau est sûrement et mon avis personnel le meilleur livre de Stephen King. On ne s'ennuit pas du tout et on apprend à connaître les personnages principaux tout au long des 1500 pages. On a envie de terminer le livre et on a envie de le lire jusqu'à la fin sans s'arrêter, ce qui est très difficile, surtout à cause de sa longueur. Le livre est séparé en trois parties bien distinctes. La première partie, la plus passionnante, raconte les ravages du virus et nous présente plusieurs personnages, leur histoire, leurs occupations, ce qu'ils étaient avant le virus. La deuxième partie, dans laquelle on passe de personnages en personnages avec un intérêt très fort, explique la rencontre entres plusieurs survivants et les histoires qui commencent. Elle permet aussi de faire apparaître les deux différents camps. La troisième partie est le récit d'une guerre qui se prépare, et est moins passionnant que les deux premières, l'envie de connaître la fin ne provoquant en aucun cas l'ennui. La création d'une nouvelle société est bien décrite et la fin est bonne, comique même. Ce livre représente donc un chef-d'oeuvre.
J'ai vu le film il y a peu longtemps, mon avis, c'est qu'il est assez neuneu .. enfin l'histoire est bien retranscrite, enfin moyennement, on y retrouve avec plaisir les personnages du livre, surtout que j'ai vu le film 2 ou 3 ans après avoir lu le livre, donc ça, c'est plutôt passionant. Sinon, il y a plusieurs gros défauts, déjà, c'est un téléfilm, il n'est pas trop bien joué (notamment Stephen King qui n'est pas un bon acteur), ensuite, Randall Flagg est très mal fait, il est vraiment un ptit méchant assez pathétique alors qu'il avait une grosse dimension dans le livre, et enfin, le pire, c'est l'ambiance un peu culcul du film, notamment le passage où ils chantent l'hymne américain dans l'église (eurk) ou ils récitent le Saint Père .. déjà, le livre était pesant au niveau religieux, le film est pire ... Mais, j'insiste sur le fait que pour quelqu'un qui a déjà lu le livre, le film est passionant, car on retrouve vraiment tous les personnages, vraiment tous (Stephen King était là). Et ça, c'est vachement bien, mais pour quelqu'un qui n'a pas lu le livre, le film peut paraître plutôt vaseux...
 

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