Différentes Saisons
(Recueil de 4 novellas)

Traduction anglaise : Different Seasons.
Publication : Août 1982.

    
Mon avis global :
Ce sont 4 histoires différentes, regroupées artificiellement autour du thème des saisons. Elles sont considérées comme des novellas, plus longues que des nouvelles, plus courtes que des romans.
Parmi elles, il y a deux excellentes histoires qui ont été en plus adaptées en 2 chefs d'oeuvre au cinéma (dans mon top 5 des meilleures adaptation de SK), donc ce recueil est évidemment très important dans la bibliographie de SK. "Un élève doué" est aussi une histoire très marquante. La dernière histoire est plus courte que les autres, et moins marquante.
    

  

Printemps : Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank.

     

Synopsis sans trop de spoil :
Un banquier, Andy Dufresne, se retrouve en prison alors qu'il est innocent. Il y fait la connaissance de Red, le narrateur, qui va nous conter ce qu'il va vivre dans cette prison de Shawshank, sous les yeux d'un poster de Rita Hayworth.
 
Mon avis global (sans spoil) :
En fait, c'est vachement compliqué de donner un avis sur ce livre, sans parler du film.
Le film est un chef d'oeuvre, et est pour moi une énorme madeleine de Proust. J'ai dû voir ce film deux ou trois fois quand j'étais jeune ado (autour de 13 ans), de façon assez rapprochée, et sûrement en espagnol : j'ai notamment le souvenir vivace d'un visionnage dans un car entre Madrid et Tours, où je devais être l'un des seuls encore réveillés, et que j'avais adoré. C'est beaucoup plus tard que j'ai appris qu'il était tiré d'un texte de Stephen King. Bref, je le connaissais presque par coeur quand j'ai lu le livre pour la première fois (très tard, puisqu'à 39 ans), donc je n'ai pas eu de "découverte" avec le bouquin : je connaissais tout le scénario, surtout que le film est très fidèle. Dans mon imaginaire, Andy était Tim Robbins, et surtout, Red était Morgan Freeman.
J'ai beaucoup aimé lire cette novella, elle est vraiment très bonne, tellement bien ficelée, tellement juste. La simplicité des remarques de Red nous emporte dans cette longue descente aux enfers d'Andy.
 
La structure :
Le narrateur est Red, un compagnon de cellule d'Andy, l'homme à tout dégotter dans la prison. La novella est donc écrite à la première personne, avec cependant l'histoire racontée au passé : Red connait toute l'histoire quand il "écrit" ces lignes, il est donc omniscient.
Red nous tient en haleine, en nous indiquant quelques bribes du futur au fur et à mesure, puis aussi en rythmant le texte, ou en nous expliquant les quelques us et coutumes de la prison. C'est assez simpliste, mais terriblement efficace.
 
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile) :
C'est presque parfait. L'arrivée d'Andy dans la prison, ses premiers contacts avec Red, son ascension dans la prison, la bibliothèque, l'épisode de Tommy, la chute, et enfin, la toute fin : tout fonctionne bien.
Le fait que ce soit Red qui soit notre narrateur, nous vivons la fin du livre comme il pense l'avoir vécu, ce qui est vraiment bien. On découvre en plus Andy en même temps que Red, ce qui permet de construire au fur et à mesure notre avis sur le héros du livre, qui devient de plus en plus une légende.
 
Les personnages :
C'est carrément original : le narrateur n'est pas du tout le héros du livre.
Mais en même temps, c'est sûrement le personnage principal. Red nous accompagne tout le long du livre, ce sont ses analyses, son ressenti, ce qu'il a vu, qu'on lit. C'est un personnage sans trop de caractéristique, il a vécu toute sa vie adulte en prison, et retranscrit très bien qu'il a très peur de retourner vivre dans la vie réelle (et quitter la prison). Il admire Andy.
Andy Dufresne est un personnage qui semble froid, dont on sait qu'il est innocent (enfin, vu que je connaissais l'histoire, je le savais, peut être que le lecteur de base ne le sait pas ..), mais qui va se révélait ingénieux et toujours droit. Plusieurs de ses actes sont enthousiasmants. On finit par vraiment l'apprécier, un peu en même temps que Red.
Pas vraiment d'autres personnages importants : l'histoire de Tommy est navrante, on déteste Hadley, puis Sam Norton.
 
La fin :
La conclusion du livre débute quatre pages avant la fin, avec l'annonce de l'évasion d'Andy. Elle est assez courte, beaucoup plus que dans le film, et aurait pu être plus creusée. Elle conclut cependant très bien le livre.
 
Le film : Les Evadés, de Frank Darabont (1994) :
C'est un chef d'oeuvre, un bijou !
C'est ma madeleine de Proust, donc je ne suis pas du tout objectif.
Je suis très surpris qu'il soit considéré comme l'un des plus grands films de tous les temps, mais c'est le cas (il avait pourtant fait un flop lors de sa sortie, mais a eu une carrière en VHS énormissime).
Au début, les couleurs un peu vieillottes, le cadre sobre, tout laisse à penser que nous regardons un téléfilm. Et puis, le scénario se met en place, les portes de la prison s'ouvrent à nous et nous enferment dans l'histoire pendant plus de deux heures.
Le film est très fidèle au livre, il contient cependant des scènes majeures qui ne sont pas dans la novella, et qui sont des scènes que l'on se souvient et qui approfondissent la novella :
- la musique dans les haut-parleurs de la prison n'existe pas dans le roman, alors qu'elle est pour moi la scène la plus forte du film, celle qui développe cet intense désir de liberté qui dégage de l'histoire.
- le suicide de Brooks, lui aussi très marquant. Dans le livre, il meurt dans un hospice en quelques lignes. Dans le film, on a le droit à une tragique scène.
- Tommy est assassiné, alors qu'il est juste muté (et gracieusement payé) dans le livre. Andy n'est donc plus trahi, mais développe une haine vengeresse envers Sam Norton.
- toute la fin, avec le scandale sur Sam Norton, et Hadley. Dans le livre, il n'y a pas de scandale, tout est passé au silence.
- il y a toute une petite bande autour de Red, les anciens de la prison. Cette bande n'existe pas dans le bouquin, quelques noms apparaissent de temps en temps, sans plus d'affinité. Elle créée un sentiment de famille fort dans le film, au prix du sentiment de malaise et d'isolement qu'on retrouve plus aisément dans le livre. Ca édulcore un petit peu la dureté de la prison (pas totalement, Andy se fait encore violer dans le film).
- l'affiche de Rita n'a pas vraiment d'importance tout le long du film (sauf à la fin ..). C'est plus présent dans le livre. D'ailleurs, le film ne mentionne pas le nom de Rita Hayworth, en anglais et en français.
Tant qu'on y est : le TITRE EST POURRI !! Qui a eu cette idée de merde d'appeler ce film ainsi en français ? Niveau spoil, c'est terrible ! Et puis, rien à voir avec le titre original (Shawshank Redemption).
Enfin, il y a Morgan Freeman, dans l'un de ses meilleur rôle. Lors de ma dernière lecture du livre, je ne pouvais imaginer un autre Red que Morgan Freeman, sa voix, son physique, ses moues (alors qu'à la base, il est irlandais ...)
Ce film est un Chef d'Oeuvre, dans le top des adaptations de Stephen King. A voir absolument !!   

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Eté : Un élève doué.

 
Synopsis sans trop de spoil :
Todd, un enfant de treize ans, découvre qu'un ancien boucher nazi, Dussander, se cache dans la ville dans laquelle il habite. Plutôt que de le dénoncer, plutôt que de l'ignorer, il lui demande de lui raconter les horreurs qu'il a effectuées pendant la guerre.
 
Mon avis global (sans spoil) :
C'est une histoire bien malaisante. Le talent de Stephen King d'ajouter du malsain à du malsain se ressent fortement dans cette novella, dont le synopsis est déjà bien malsain. C'est une histoire dans laquelle je ne me suis attaché à aucun personnage, ni ne me suis senti concerné. J'attendais patiemment que tout se dérègle pour l'insupportable Todd.
Ce n'est pas une histoire que j'aime bien, mais elle a un côté prenant, qui m'a fait le dévorer.
 
La structure :
Le chapitrage est assez classique, avec une trentaine de chapitres qui avancent chronologiquement, chacun représentant une date ou un passage de quelques jours. Le narrateur est totalement omniscient.
 
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile) :
Là encore, tout est bien. Stephen King trouve toujours la situation qui permet d'empirer la situation, de la salir, notamment avec les premiers meurtres qui débutent salement, et qui deviennent de plus en plus réguliers. La noirceur de Todd, et sa chute, est aussi progressive. Sur la fin, l'étau qui se referme avec la police est assez bien ficelé, et bien sûr bien amené.
Tout ce qu'il se passe avec le conseiller pédagogique n'est pas très intéressant.
 
Les personnages :
Todd est un adolescent insupportable, il essaie d'être manipulateur sans en avoir les épaules, il fait preuve d'une naïveté stupide et plonge dans la folie. On ne souhaite qu'une chose, qu'il dégringole et se fasse malmener. J'appréciais quand Dussander le remettait en place.
Dussander, justement, est un vieil homme, dont les doutes sont bien écrits : il semble regretter ses actes passés, tout en ayant de la nostalgie. Et puis, finalement, cette nostalgie prend le dessus, encouragée par la curiosité de Todd. Il subit globalement durant toute l'histoire, et ce sont les erreurs de Todd (ses mauvais résultats) qui lui permettent de prendre un ascendant sur le garçon.
Les autres personnages sont anecdotiques. Les parents de Todd sont de bons gens, le conseiller pédagogique est à côté de la plaque. Le duo policier de la fin de roman est intelligent et modifie le cours de l'histoire : j'ai bien aimé.
 
La fin :
La fin de l'histoire est amorcée au 3/5 de la novella, quand Morris, ancien rescapé des camps, chute de l'escalier. C'est juste après que Dussander ait eu son attaque cardiale, mais c'est à ce moment que l'on sait que Dussander va se faire démasquer. Son suicide m'a supris, je pensais qu'il allait durer plus longtemps.
C'est après que Todd va s'effondrer dans ses erreurs, et j'ai apprécié. La toute fin est un peu expédiée, mais ça devait être expédié de toutes façons.
 
Le film : Un élève doué, de Bryan Singer (1997) :
Bryan Singer vient de signer Usual Suspect (ce bijou) et retrouve un scénario bien sombre avec cet élève doué.
Ian McKellen est un Dussander parfait, pas vraiment flippant, mais efficace sur sa marche nazie, je pense que c'était le moment le plus délicat à filmer. Todd est un peu plus âgé (c'est peut être plus logique), mais fait bien le job : il n'est au final pas aussi détestable que dans le livre.
Le film est édulcoré par rapport au roman : moins de meurtres, moins ce désir, cette nécessité, de meurtres que ressentent les deux protagonnistes : ça va un peu moins loin. Todd se compromet moins, et ça change complètement la fin de Todd. Et c'est du coup, là, c'est beaucoup plus malsain !
Plutôt une bonne adaptation, même si le film n'a pas été si bien reçu.   

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Automne : Le Corps.

 
Synopsis sans trop de spoil :
Quatre garçons, jeunes adolescents, pas aidés par les épreuves de la vie et surtout pas aidés par leur famille, partent à la recherche du corps d'un petit garçon qui s'est perdu dans la forêt. Ils suivent les rails sur une trentaine de kilomètres, le temps de vivre une aventure qui les marquera pour toujours.
 
Mon avis global (sans spoil) :
Je ne pense pas être objectif, le film est un des films les plus marquant que j'ai vu quand j'étais gamin, sur un trajet Eurolines entre Madrid et Tours, en español. Cette scène avec les sangsues ..
J'adore cette histoire, j'adore cette ambiance, j'adore cette aventure.
Cette novela est un hymne à l'Amitié, avec l'un des meilleurs personnages jamais écrit par SK (Chris). Elle est aussi témoin d'une époque, d'un âge où les langues sont des mitraillettes. Elle décrit enfin l'Amérique profonde et tellement déprimante, violente.
Un must !
(et on parle du concours de tarte ?)
 
La structure :
C'est un Gordie Lachance adulte qui raconte cette histoire dans un livre. On a donc son point de vue, avec une vision de quelqu'un qui a vécu depuis longtemps cette histoire. L'histoire est donc à la fois dynamique et intime. Les Aventures se mélangent aux souvenirs et surtout aux discussions. A noter deux parenthèses avec deux autres petits textes écrits par Gordon Lachance jeunes, donc le concours de tarte.
 
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile) :
Tout est tellement parfait dans cette histoire.
Les quelques aventures vécues par les quatre garçons tiennent en haleine et sont agréables à lire : la casse de voitures, l'épicerie, le pont, les sangsues - tout est bien. Les discussions sont rudes, mais débordent de sincérité et d'authentisme, notamment celles entre Chris et Gordon qui s'approfondissent au fil des pages. Et tout ça s'enchaîne de façon fluide, tellement agréable à lire.
 
Les personnages :
Gordon Lachance est le narrateur de l'histoire. Plus intellectuel que les autres, il est très sensible à ce qui l'entoure, il a une très grande empathie, il est le héros de l'histoire, sans l'être car il n'est pas si fort, il subit beaucoup, notamment chez lui puisqu'il est ignoré par ses parents depuis que son grand frère est mort. Cette aventure le change complètement. Gordon, c'est le lecteur.
Chris Chambers est-il le personnage le mieux écrit de tout l'univers de Stephen King ? Hyper touchant malgré ses conditions de vie terribles (son père est un soiffard violent, ses frères des malfrats), intelligent, humain, physiquement plus fort, meilleur ami de Gordon, la vraie amitié. Plus l'Aventure avance, plus on l'aime. Chris, c'est lui le vrai grand personnage de cette histoire.
Teddy Duchamp est un gamin perturbé, lui aussi avec un père secoué par la guerre. Il a une folie en lui, qui fait rire ses camarades de jeu, mais qui les inquiète aussi. Son personnage est un catalyseur d'aventures loufoques et de mots pour rire.
Vern Tessio est plus bébé que les autres, par manque de maturité (et aussi de jugeotte). Il fait vivre le récit par ses réactions naïves, qui permettent d'éclaircir certaines parties. C'est bien sûr le personnage le moins marquant, celui pour lequel on s'attache le moins.
Le groupe des malfrats est un ensemble de jeunes adultes détestables, les terreurs de Castle Rock, certains grands frères de nos quatre aventuriers.
 
La fin :
La découverte du Corps aurait pu être la fin de l'histoire, mais n'aurait pas eu ce sentiment de victoire que nous offre l'affrontement entre les 4 aventuriers et les malfrats d'Ace Merill. C'est bon !
L'épilogue est d'une profonde mélancolie, tellement triste concernant Chris Chambers. Les représailles des malfrats seront violentes, et la vie sera terrible pour trois d'entre eux. Cette fin est terriblement touchante.
 
Le film : Stand by me, de Rob Reiner (1986) :
Ce film est un Chef d'Oeuvre !
C'est l'un de mes films préférés.
Hyper fidèle à la novela, son ambiance est excellente, un road movie, où l'on prend son temps de parler, de discuter. Les relations entre les personnages sont construites, Rob Reiner prend son temps pour raconter l'histoire de ces quatres ados.
Il jouit aussi d'un jeu d'acteurs formidable, surtout concernant les 4 gamins. Ils sont parfaits. Ce sont des acteurs qui vont devenir célèbres ensuite, entre Corey Feldman, River Phoenix, Jerry O'Connel. Et puis il y a Kiefer Sutherland, parfait en un Ace Merill déjanté.
Même la bande originale du film est parfaite, avec le Stand by me de Ben E. King, qui se dévoile au fur et à mesure du film.
Parfait !   

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Hiver : La Méthode Respiratoire. (the Breathing Method)
 
Synopsis sans trop de spoil :
Dans un club huppé de New York qui semble cacher quelques mystères, il est de tradition qu'un des membre raconte une belle histoire. C'est le docteur Emlyn McCarron qui nous raconte l'histoire de Sandra Stansfield, jeune femme enceinte devant se débrouiller seule. Il lui apprend à maîtriser la Méthode Respiratoire.
 
Mon avis global (sans spoil) :
Cette histoire souffre bien évidemment de la comparaison. Elle suit trois histoires cultes et ne devrait être qu'une simple (mais bonne) nouvelle dans un recueil. Sandra Stansfield est une figure féministe qui est assez rare dans les Stephen King, tous l'aiment : le docteur McCarron, ses auditeurs, et nous, les lecteurs. On veut connaître la fin de son accouchement.
C'est cette histoire qui a été l'argument de SK pour éditer ce recueil de nouvelles : son éditeur voulait du fantastique ou de l'horreur, et cette nouvelle, contrairement aux trois autres, en comporte un peu.
 
La structure :
C'est un récit assez court, qui est en plus séparé en deux parties.
Deux narrateurs se succèdent, tout d'abord David, qui nous propose la visite du club, nous pose le cadre. Ensuite, c'est McCarron qui raconte son histoire, son récit étant parfois interrompu par les commentaires des autres membres du club.
 
Le scénario (à partir de cette rubrique, je spoile) :
Ca semble être une simple histoire d'un accouchement, il ne se passe vraiment pas grand chose, mais on sait qu'il va se passer quelque chose. Et on ne va découvrir cet événement que sur les deux trois dernières pages du récit. Et je ne m'attendais pas du tout à ça. A part ça, le scénario suit plutôt la structure, rien à signaler.
 
Les personnages :
Le docteur McCarron est le narrateur et personnage le plus important de la novella. A part qu'il semble être un excellent docteur, avec une très bonne empathie et une belle humanité. Il va accueillir Sandra Stansfield, le sujet de la novella : elle est intelligente, c'est une battante qui veut suivre ses émotions. Le duo est vraiment sympathique, et développe un très beau féminisme moderne.
 
La fin :
Je n'avais aucune idée de ce que SK envisageait pour conclure cette histoire, et je ne cherchais pas à le savoir, j'étais pris dans la simple histoire de l'accouchement ..
Et puis, tout s'est enchaîné en quelques paragraphes, l'accident, la décapitation, la méthode respiratoire. Il est dingue ce SK, j'adore ..
 
Pas d'adaptation : et c'est plutôt normal ...
 

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