Danse Macabre
(Recueil de nouvelles)
Traduction anglaise : Night Shift.
Publication : Février 1978.
Nombre de nouvelles : 20.
Mon avis global :
Ce premier recueil est le premier de Stephen King, qui en appellera beaucoup d'autres : on y retrouve des textes qu'il a écrit avant Carrie, avant d'être The SK !
Quelques nouvelles sont très bonnes, la plupart sont correctes et intéressantes, toutes plutôt agréables à lire. C'est un recueil que j'ai beaucoup aimé découvrir (je n'en avais quasiment aucun souvenir), et j'ai aussi aimé découvrir quelques adaptations (et même le marathon du maïs).
J'ai eu un petit plaisir avec des nouvelles très courtes (une dizaine de pages), qui sont vraiment excellentes : Petits Soldats, l'Homme qui aimait les fleurs, Comme une Passerelle, Un dernier pour la route, sont celles qui m'ont donné le plus de satisfaction. Et si je dois citer une adaptation, la série Chapelwaite est carrément top !.
Quelques remarques :
Sur les vingt nouvelles, six n'ont pas d'éléments fantastiques, et seules trois d'entre elles se terminent pas trop mal.
Nombreuses ont eu le droit (ou le désespoir) d'avoir une adaptation (téléfilm, série, film ..).
On retrouve deux nouvelles en lien avec Salem, et une nouvelle en lien avec Le Fléau.
C'est parti pour un descriptif des différentes nouvelles :
Celui qui garde le ver :
Cette première nouvelle nous propose un retour à Jerusalem's Lot (Salem), un siècle plus tôt, sans vampire, mais avec les forces démoniaques à l'oeuvre, avec messe oculte et morts vivants, pas forcément mes thèmes préférés : je ne suis pas très amateur de l'univers Lovecraftien, ni Ctulhuesque, ni Poesien .. Le récit est quasi-épistolaire, en forme de lettres envoyées mais peu d'échange, ou de notes sur un journal personnel. Il manque un peu de jus et n'offre pas de profondeurs au récit. La nouvelle se lit bien, on veut connaître la suite, mais je n'ai pas été emporté et puis à la fin, on se dit : ah, et c'est tout ?
♥♥♥ La mini-série, Chapelwaite, de dix épisodes, est vraiment excellente, beaucoup mieux que la nouvelle (et pourtant, je partais à reculons). C'est une adaptation très libre, où le manoir, le village de Jerusalem's lot, le livre, la malédiction familiale, le culte du mal, le XIXème siècle, sont présents. Mais Chapelwaite rajoute tellement de bonnes choses : le village est humainement horrible, digne de Stephen King, les enfants de Charles, et surtout le bestiaire de Jerusalem's Lot (je ne le savais pas, donc j'ai été surpris : j'ai adoré - je ne rajoute rien pour ne rien spoiler). En plus, Chapelwaite est une belle série, avec une ambiance parfaite, un jeu d'acteur aux petits oignons (Adrian Brody.. ), décors, effets visuels, paysages, tout va bien ! Le village est esthétiquement sale, c'est incroyable comme la photographie de cette série est exceptionnelle.
La série a quelques longueurs, surtout à la fin, mais il le faut pour parfaire cette ambiance, éclairée aux lampes à huile. Stephen King aurait pu écrire cette série ! La série gomme le défaut majeur de la nouvelle : le manque d'approfondissement : génial ! A voir absolument !! (j'ai réussi à la trouver en streaming assez difficilement) !
Du coup, la lecture de la nouvelle devient fortement conseillée, rien que pour déguster ensuite Chapelwaite !
Poste de nuit :
RAh ! Cette nouvelle RAconte l'histoire abRAcadabRAnte d'un jeune tRAvailleur se faisant exploiter par son désagréable et cRApule patron. Il se retrouve à nettoyer, sans aspiRAteur, les sous-sols d'un immeuble cRAsseux. Mais ici, pas d'aRAchnides ni de RApace, mais des RATs qui pullulent dans les sous-sols. Et .. quand la nouvelle débute vRAiment, quand ils ouvrent la tRAppe, elle se conclut juste après très RApidement, sans trop de RAccord avec le début de l'histoire. Je n'avais pas du tout enregistré la RAge profonde et la RAncoeur de Hall sur Werwick .. et donc je trouve la fin irRATionnelle, et ça m'embarRAsse. Un peu RATé .. rien à RAjouter ..
Il y a un film, la Créature du Cimetière, qui est assez mauvais. On retrouve l'ambiance crado de la nouvelle, Warvick est vraiment puant, Hall est antipathique, l'exterminateur est ridicule (série Z à fond), avec quelques éléments en plus qui font un peu sortir du film. En plus, je l'ai vu en mauvaise qualité, donc le bestiaire était laid sur mon écran. En fait, je pense que ceux qui vont vouloir regarder ce film sont soit des amoureux fanatiques de King, ou des amoureux de Brad Dourif (c'est l'exterminateur). Pour les autres, passez votre chemin.
Une sale grippe :
Ecrit juste avant le Fléau, une sorte d'entraînement à cette très belle oeuvre post-apocalyptique. On retrouve une petite histoire, sorte de spin-off du Fléau, sans grand intérêt, une petite cacahouette premier prix avant un délicieux festin. Pas de quoi y retourner.
♥♥ Comme une passerelle :
Nous suivons Arthur, notre déprimé de protagoniste, qui raconte son histoire, et le meurtre qu'il vient de commettre, à Richard. Au fil des pages, nous découvrons ce qu'il lui est arrivé depuis son vol dans les alentours de Venus (la planète), et ce qu'il a rapporté de ce voyage. C'est bien écrit, c'est très bon, la fin est délicieusement amenée. J'ai beaucoup aimé, avec l'énorme impression d'être dans un épisode d'Au delà du réel, que j'adore.
La Presseuse :
♥ Ca n'aurait pas été possible d'écrire un roman entier sur une presseuse industrielle possédée par des forces démoniaques. Dans une nouvelle, ça passe. Elle est écrite sous la forme d'une enquête policière (avec un personnage, Jackson, qui sert de tiers pour expliquer le cheminement de la pensée de l'inspecteur). Pas mal.
Le téléfilm, La Presseuse Diabolique, est mauvais, je l'ai vu en streaming en mauvaise qualité. Elle respecte plutôt le fil de la nouvelle, en rajoutant notamment un personnage (trop excentrique) qui est soumis/associé à la machine, joué par Robert Englund. Je n'ai pas passé un bon moment.
Il y a une suite : The Mangler 2, que je n'ai pas réussi à trouver en streaming. A priori, ce film est terriblement mauvais, et ne reprend rien de tout ce qui a été fait avant. Pas vraiment de regret.
Et il y a un troisième volet à la saga : The Mangle Reborn, que j'ai réussi à trouver en anglais. C'est un film étrange, avec un gars qui retrouve les pièces de la machine, et qui réussit à la remonter dans son atelier (avec des couteaux en passant, sans explication). Il devient alors un serial killer, un agent du mal qui assome ses victimes d'un coup de marteau totalement négligé. Ce film est surprenant (étrange) par son rythme très lent, son scénario (les cambrioleurs sont des héros), sa colorimétrie, sa mise en scène et le jeu horrible de ses acteurs. A voir pour son étrangeté (mais attention, c'est un mauvais film .. c'est juste la curiosité qui doit justifier votre vision).
Histoire sombre, avec des morts d'enfant par le monstre du placard : j'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette dizaine de pages, bien malaisantes. La pression monte, l'horreur que vit le père de ces enfants est retransmis (ma paternité en a pris un coup aussi sûrement). A une page de la fin, je me suis demandé comment S.K allait terminer cette nouvelle : de la pire des manières, j'ai été très déçu par la conclusion de cette nouvelle, peut être la plus simple à écrire, digne d'une rédaction d'un 3ème. Frustration !! J'ai entendu sur le podcast du Roi Stephen une alternative à la fin : et si le boogeyman était la mère des enfants ? Ca aurait été fantastique
Le court-métrage, The Boogeyman, de 1982, est réputé pour être la première adaptation à l'écran d'une oeuvre de Stephen King. C'est assez mauvais, tant par le jeu des acteurs, que dans le style graphique : il est fatigant .. il reprend globalement la nouvelle, mais l'histoire n'est plus basée sur le dialogue avec le psy, et il n'y a pas les meurtres des 3 enfants. Vraiment mauvais.
Le film de 2023, nommé aussi The Boogeyman, ou le Croque-Mitaine, est un film d'horreur plutôt classique, entre le film de monstre et le slasher. Le film détourne la nouvelle de King, pour nous présenter une famille en deuil, et suivre l'aînée des enfants (dont les "copines" sont des caricatures bien puantes). On ne suit plus Lester, qui ne reste qu'à peine 5 minutes dans le film. L'ambiance malaisante du livre n'est pas du présente, c'est malaisant car c'est un film de monstre, mais il n'y a pas la douloureuse fatalité de la nouvelle. Au moins, on voit bien le croque-mitaine et les effets de lumière sont très bien mis en image. La présence réelle du monstre le rend moins impactant. J'ai bien aimé le clin d'oeil de la fin (et j'ai eu un peu peur que ce ne soit pas qu'un clin d'oeil).
♥♥ Matière Grise :
Une vraie bonne nouvelle, avec une tension qui grimpe au fur et à mesure de cette courte histoire, écrite de façon simpliste : le gamin raconte l'histoire à un gars, qui ensuite raconte l'histoire à ses amis sur le trajet vers le bâtiment final. La construction de l'intrigue est bien ficelée, jusqu'à ce final très bien maîtrisé, surprenant, effrayant, qui pourrait se convertir en une série B. Une bonne nouvelle !
Une adaptation existe en série, en 2019, sur Creepshow, saison 1, épisode 1, avec un casting de rêve : Giancarlo Esposito, Adrianne Barbeau, Tobin Bell, et une histoire qui se tient. Une petite différence se tient sur le timing de la révélation de Timmy. C'est bien.
♥♥♥ Petits Soldats :
C'est un court mais gros plaisir coupable : Stephen King se libère de toutes recherches psychologiques, et offre une nouvelle trippante, un plaisir de petit enfant, avec les soldats qui prennent vie et qui se mettent à canarder Renshaw, un tueur à gages en plus. C'est violent, c'est électrique, c'est très bon ! Durant toute la lecture, on se demande les prochaines armes qui vont sortir du paquet. Ca pourrait même aller plus loin ... Un délicieux petit bonbon acidulé à suçoter !
♥ Une adaptation existe en série, en 2006, dans Rêves et Cauchemars, épisode 1. Cet épisode démarre plus lentement que la nouvelle de King, mais à partir des 20 minutes, c'est la guerre dans l'appartement, et j'ai adoré ! C'est barbare, Renshaw éclate les miniatures avec une barbarie trippante et une belle inventivité, les jouets se vengent avec ardeur (cette vue en subjectif de l'hélico est top). A noter qu'il n'y a aucun dialogue dans cet épisode, seule une musique d'ambiance nous accompagne. La fin, avec le duel avec le commando, est un peu longuette, et j'ai préféré la précipitation sans limite de la nouvelle.
♥ Poids lourds :
Histoire de fin du monde, avec ces camions maléfiques qui ne sont pas crédibles, mais qui peuvent massacrer avec une certaine cruauté. Le huis-clos est amorcé, mais n'est pas exploité car la nouvelle se termine trop vite. J'aurais aimé que cette histoire soit poursuivie, car malgré le ridicule du scénario, la situation était établie, et on pouvait gratter un peu plus pour que les protagonnistes cherchent des solutions (bonnes ou non) pour survivre à cette situation. Le "héros de l'histoire", narrateur, était en plus assez peu inspiré, en faisant le choix du faible (remplir les réservoirs), c'est assez rare, car souvent le narrateur est le plus malin. Ouvrir la dernière page m'a frustré.
♥ Le seul film réalisé par Stephen King himself (période bien camé), Maximum Overdrive, est l'adaptation de cette nouvelle. Ce film est réputé comme mauvais, et c'est plutôt mauvais. Porté par un Emilio Estevez sans saveur et par un camion de jouets diabolique, le film fait vivre toutes les machines, et pas seulement les camions : pourquoi pas .. En fait, c'est surtout la galerie des personnages qui est terriblement fadasse. A regarder pour la curiosité, et pour le début complètement déjanté imaginé par un sale gosse (un enfant se fait écraser par un rouleau-compresseur), mais pas pour la qualité.
Un autre téléfilm, Trucks, les camions de l'enfer, est clairement mauvais (je l'ai vu en espagnol, mais j'imagine qu'il est aussi mauvais en français), avec une ambiance plus sale que le déjanté Maximum Overdrive, mais sans aucun intérêt : le début est long, tellement long .. et ne sert qu'à présenter brièvement les futurs écrasés. Il y a plusieurs événements qui interviennent sans savoir vraiment d'où ils viennent (le facteur ??). Seul point positif : la fin dans l'hélicoptère est sympa.
♥♥ Cours, Jimmy, Cours :
J'ai adoré cette nouvelle jusqu'aux deux dernières pages. En fait, je n'avais pas du tout perçu la trame de l'histoire avant que le deuxième loubard n'arrive en classe. Cette montée en puissance du fantastique dans l'histoire arrive d'un coup, surprend, et notre Jim se retrouve en une page d'une situation de dépression à une situation bien pourrie de domination démoniaque : je ne l'ai pas du tout vu venir ! Trop bien ! Arrêté dans ma lecture à deux pages de la fin, j'étais très impatient de lire la fin .. et j'ai été carrément déçu par le spiritisme simplet de la fin. Et la fin ouverte sur le retour du démon n'est pas intéressante ..
L'adaptation est un téléfilm, Vengeance diabolique, avec quelques adaptations, beaucoup de longueurs, un peu de malaise avec Jim qui est vraiment trop souvent neuneu ou bizarre, des dialogues sans intérêt, et assez peu de saveurs. Les fulgurances de la nouvelle y sont très loin. Nous apprenons beaucoup de choses avant d'en avoir vraiment besoin, ou avant Jim (le fait que les 3 branleurs soient morts, les morts des élèves, les remplacements, etc..) : j'avais aimé découvrir la trame en même temps que Jim dans la nouvelle.
♥ Le Printemps des Baies :
Récit très court, l'histoire du meurtrier dans le campus est classique, la façon de la vivre et de la raconter est vraiment originale : le récit venant d'un étudiant lambda qui vit ce fait divers de l'intérieur mais sans en être impliqué, c'est vraiment bien. La fin (je vais spoiler, grave spoiler, alors attention à la suite) n'arrive pas au bon moment, pas comme il le faut. Une révélation finale encore plus rapide, dans l'année des premiers meurtres, une simple phrase finale aurait fait l'affaire. J'ai grillé cette révélation une ou deux pages trop tôt, ça m'a déçu.
Pas d'adaptation .. c'est rare, mais assez normal, même si un petit épisode de 40 minutes pourrait parfaitement faire l'affaire.
Stephen King nous présente un nouveau type de torture assez radicale. Le récit est court, entre deux parties : la découverte de la situation (assez cocasse cette bataille de coq, le plan diabolique de Cressner), puis le passage de la Corniche (assez rapide au final, à part le premier virage, et le pigeon grognon). Les différents twists de la fin sont succulents : le meurtre de Marcie, la prise de contrôle de Norris, et la Corniche pour Cressner : un petit délice.
Le film Cat's Eyes se décompose en trois segments, tous reliés assez grossièrement (mais ça reste correct) par l'aventure d'un chat (qui croise en début de film Christine et Cujo, puis à la télé Deadzone). Le deuxième d'entre eux est une adaptation de la Corniche. C'est assez fidèle, même si la discussion entre Cressner et Norris n'est pas assez poussée, elle manque de saveur.
♥ La Pastorale :
J'ai hésité à mettre un coeur à cette nouvelle, mais en fait, ce qu'il se passe est tellement débile et surprenant que je suis obligé de mettre un coeur à cette nouvelle. Rien que pour avoir la possibilité de pouvoir imaginer l'employé sautillant nu derrière la tondeuse en gobant les restes de taupes, cette nouvelle vaut le coup.
Le film Le Cobaye a voulu surfer sur le nom de King, mais n'a à-priori aucun rapport avec la nouvelle (un procès a eu lieu). Je n'ai pas réussi à le trouver en streaming.
♥ Désintox, Inc. :
Je ne sais pas trop quoi penser de cette nouvelle : je lui ai mis un coeur car elle est assez connue et qu'elle se lit bien, mais sans trop de conviction. L'entreprise ne m'a jamais semblé crédible, surtout la surveillance 24h/24, les méfaits réalisés sans aucune poursuite. Mais pourtant, quitte à laisser mon incrédulité de côté, j'ai été entraîné dans cette histoire, voulant savoir jusqu'où cette descente aux enfers allait emporter notre fumeur. Et bien, pas si loin que ça au final .. une petite électrocution pour madame seulement, même pas de sévices sur leur enfant, petite déception.
Le film Cat's Eyes , déjà nommé ci-dessus, met en scène cette nouvelle pour sa première partie : c'est fidèle, sans plus, avec un Donatti bien mesquin. La dernière partie de ce film est inédite, et met plus en scène le chat, à la lutte avec un gobelin croque-mitaine agressif. C'est assez enfantin et globalement sans aucun intérêt (et désagréable avec le doublage horrible de la petite fille, jouée par Drew Barrymore).
L'Homme qu'il vous faut :
C'est une petite histoire qui flirte avec le romantisme et le fantastique, mais qui n'aboutit pas vraiment sur une situation stressante. C'est un peu mou, et le fait que ce soit la colocataire, qu'on a ignoré tout le long de la nouvelle, qui trouve l'histoire d'Ed rajoute à ce manque d'intérêt. Je croyais que j'allais vraiment beaucoup aimer .. Après, c'est encore très agréable à lire, mais ce sera vite oublié.
Un court-métrage existe, je ne l'ai pas trouvé.
♥♥ Les Enfants du Maïs :
Dans mes projets futurs (de retraité), un long road trip aux Etats-Unis (et Canada) se dessine dans mon esprit. Je pense désormais exclure une traversée du Nebraska et de ses champs de maïs (ou peut être que si en fait). Le village de Gatlin n'existe pas sur google maps, mais peut être qu'il existe en fait. La nouvelle est bien tournée, efficace, on apprend à ne pas apprécier le couple, on veut qu'ils subissent les foudres des enfants du village, et du coup, leur souffrance est satisfaisante, mais un peu courte. Le cadre de cette histoire est très intéressant, et aurait mérité d'être creusé. C'est une bonne nouvelle. Elle serait parfaite en introduction d'un roman, ou d'un fil, surtout avec les dernières lignes. Allez, Steevou, retourne au Nebraska.
Et des films, il y en a eu. Les 7 premiers sous le nom "Démons du Maïs". J'ai réussi à tous les voir, les derniers en espagnol : c'est carrément nanardesque, les derniers sont vraiment mauvais. Le 8ème est un reboot (le "meilleur" des 10 !) avant de continuer avec deux films d'une qualité correcte, avec tous les deux des ambiances originales et particulières (vus en VO, sous-titrés espagnols).
Le premier d'entre eux, en 1984, reprend globalement la trame de la nouvelle, avec de gros changements : le couple est amoureux (avec Linda Hamilton "Sarah Connor") et s'en sort, ils rencontrent un groupe de gentils enfants. Mais surtout, le massacre des adultes (que l'on voit en début de film) a eu lieu il y a seulement trois ans, donc le sentiment de village abandonné est beaucoup moins présent, et il manque surtout toute la partie malsaine des générations qui se succèdent et des sacrifiés à 19 ans. Il manque un truc. Ce n'est pas un bon film.
Le deuxième a une trame intéressante : les enfants de Gatlin sont recueillis dans la cité voisine d'Hemingford, ville qui existe vraiment (je suis allé faire mon curieux sur google maps), et tentent de reproduire la secte de Gatlin. Ce n'est pas bon, c'est long, très peu intéressant. Les enfants ont désormais des pouvoirs surnaturels .. genre poupée vaudoo ou experts en électronique. Pour le moment, pas d'indigestion de maïs, je lance (sur youtube encore) le n°3.
Le troisième se déroule à Chicago à partir de la 7ème minute, et refait juste une courte parenthèse sanglante à Gatlin. Certaines idées sont vraiment nazes : Chicago, les jeunes de getho endoctrinés, le maïs transgénique, les super pouvoirs démoniaques d'Elie. Par contre, il y a un truc qu'on ne peut pas retirer de ce film : c'est hyper GORE ! Les tueries sont crades, surtout lorsque le monstre des sillons se réveille.
Le quatrième est l'exact opposé du précédent. Il semble oublier tous les événements de Gatlin, pour nous proposer une génèse (assez crédible) dans une autre ville de maïs. Ce n'est donc plus du tout la même idée, mais ça se tient : ici, c'est un enfant prédicateur prodige qui a été massacré et qui revient se venger. Plus rien à voir, mais pourquoi pas. Par contre, au niveau du rythme, de la mise en scène, et du gore des morts, c'est tout nul.
Le cinquième est mauvais. Il n'y avait pas grand chose à respecter, et il réussit à faire n'importe quoi, avec une histoire de gourou (joué par David Carradine, qui surjoue) et du frère de l'héroïne qui le rencontre de manière très hasardeuse. Il y a encore du diabolique.
Le sixième est NUL. Pour le retour d'Isaac, il rajoute du chaos incompréhensible, des personnages très mal écrits, et surtout une caméra horriblement agitée (Envie de vomir !!). Le maïs est pourri !! (un navet de plus pour Stacy Keach).
Le septième se prend un peu plus au sérieux, avec assez peu de maïs, des enfants qui rigolent, un gosse diabolique avec une veste trop grande et une "révélation" programmée qui ne révèle rien ... pour moi, c'est une indigestion de maïs ...
♥ Le huitième est un reboot, et reprend à nouveau le scénario de SK. Et c'est assez fidèle. Le couple se déteste avec délectation : Candice McClure est détestable, une parfaite Vicky. L'ambiance est bonne, avec une jolie ville déserte (avec du maïs partout dans la rue), le couple n'est pas plus idiot que nécessaire dans la nouvelle, on entre un peu plus dans les coutumes des enfants (la procréation en public ... c'est glauque). Ce n'est pas non plus génial : des enfants apparaissent comme des fantomes, la fin dans le champ de maïs est très longue. Mais ça fait du bien de croquer du maïs comestible !
Le neuvième est une suite du huitième, mais sans l'être. Il se déroule en Californie et est plus un thriller huis-clos sans trop de rapport avec le maïs, mais plus avec un enfant démoniaque. Le film se laisse voir, même si je n'ai pas compris ce qu'il s'est vraiment passé dans ce film. On n'est pas dans la catégorie "navet". Par contre, pour le "genesis", pas vraiment ...
♥ Le dixième, nommé la fuite, suit Ruth, celle qui a brûlé le champ à la fin du huitième. Il est plus sérieux, décrit la rédemption de cette ancienne enfante du maïs. Les personnages croisés sont un peu grossièrement écrits. Mais le twist final m'a carrément surpris, est dérangeante, et respecte l'histoire. J'ai apprécié cet opus, il est une bonne suite, qui mérite son visionnage.
Il y a aussi une grosse référence dans l'épisode 16 de la saison 4 de South Park : le mot en ''M'', où un couple arrive à South Park où les enfants ont pris le pouvoir depuis .. 10 jours.
Le dernier Barreau de l'échelle :
Nouvelle sous la forme d'un flashback d'un amusement dangereux entre deux frères et soeurs. Sans grand intérêt, même si l'histoire passée se lit bien, mais je n'ai pas vraiment capté d'implication sur l'événement futur. Bof .. je n'ai pas du tout vibré.
♥♥ L'Homme qui aimait les fleurs :
Hehe, petite nouvelle courte mais maline et méchante. Même si j'avais grillé le twist final dès l'achat des fleurs, je trouve la situation finement amenée. Toute la bienveillance et la joie des premières pages sont annihilées en un paragraphe : un vrai petit plaisir.
Un court métrage d'une dizaine de 7 minutes existe : The Man who loved flowers , il joue aussi sur le charme gentil du héros, sur de la musique douce, pour terminer dans un (léger) bain de sang.
Un autre court métrage (de moins de 10 minutes) existe aussi en espagnol : El Hombre que amaba las flores, il est moins bien joué, beaucoup plus amateur (le fleuriste est gavant), c'est vraiment très mauvais.
♥♥ Un dernier pour la route :
Mais oui !! Ce retour à Jerusalem's Lot, je ne l'avais pas du tout anticipé. C'est léger (si on veut), c'est bien écrit avec l'inéluctable qui se rapproche au fil des lignes, mais pourtant, ça me semble sans aucun intérêt pour celui qui n'a pas lu Salem. Moi j'ai pris beaucoup de plaisir à retourner dans le royaume des vampires.
♥ Chambre 312 :
La dernière nouvelle est beaucoup plus intimiste, puisqu'aucun fait fantastique, l'horreur est sentimentale. Cette histoire traite de l'euthanasie, dans les Etats-Unis de la fin des années 70, c'était un sujet sûrement rare et osé. Ici, pas de débat politique, nous suivons la douleur d'un fils face à la désolation de sa maman. L'écrit est juste, assez simple, sans recherche de choquer (il y a une discussion tendue avec le frère du protagoniste, mais elle est courte). Ce n'est pas le genre de récit qui m'attire, je ne retiendrais pas cette nouvelle, mais je la considère comme bonne.
L'adaptation est un court-métrage, le premier film de Darabont, intitulé The Woman in the Room , que l'on trouve facilement en anglais sur youtube. 4 scènes en 30 minutes, beaucoup de discussions (en anglais, donc j'étais un peu largué). Ici aussi, la souffrance est simple et foncièrement humaine, l'acteur joue simplement. C'est donc une bonne adaptation, même si la maman aide un peu plus dans le film.
Une autre adaptation existe à-priori, réalisée par un français, Damien Maric, mais je ne l'ai pas trouvée..
Mon avis écrit quand j'étais ado était vraiment mauvais ...
L'avis de Lo^ol, une amie lectrice :
On y retrouve tous les éléments qui font la spécificité de Stephen King : un endroit isolé, la présence de l'enfant doté d'un pouvoir ( la télépathie ) et d'une femme ainsi que celle du père alcoolique, qui forment à eux trois cette petite société. C'est un livre qui a particulièrement marqué mes nuits même plusieurs jours après l'avoir lu, mettez un écriteau sur la porte de votre chambre ( si vous lisez dans votre chambre ) indiquant bien qu'il est formellement interdit de déranger parce que je peux vous assurer que ça n'est pas des plus agréable que d'être surpris à certains passages du livre.
Il existe à ma connaissance deux versions à l'écran, j'ai vu la version télévisée qui est fidèle au livre mais qui apporte beaucoup moins de sensations, l'adaptation cinématographique de Stanley Kubrik, à ce que j'ai entendu dire, est beaucoup inspirée du livre mais s'en éloigne aussi sur de nombreux points.