Christine

Traduction anglaise : Christine.
Publication : Avril 1983.   

  

Synopsis sans trop de spoil :
Arnie est tombé amoureux de Christine dès le premier coup d'oeil.
Christine est une Plymouth Fury 1958 !
Christine est une épave, achetée à un vieil homme acariatre, Roland LeBay.
La vie d'Arnie est alors toute chamboulée : il passe son temps à réparer Christine, devient plus distant avec son ami d'enfance Dennis (notre narrateur), plus agressif envers ses parents, plus confiant (trop) en lui-même.
Après une réparation miraculeuse, Christine est saccagée, puis Arnie commence à fricoter avec une fille Leigh.
Christine commence à vrombir ...
   
Mon avis global (sans spoil) :
Ce livre fait parti de quelques romans de SK que je n'avais pas spécialement envie de relire, notamment car je ne suis pas vraiment fan des voitures, et que mes souvenirs du film n'étaient pas encourageants (et pourtant, en revoyant le film, je ne m'en souvenais pas du tout).
C'est une histoire tout à fait correcte, loin d'être ma préférée de Stephen King. Le roman a tout de même réussi à me tenir en haleine durant mes vacances, je ne me suis jamais ennuyé car il est agréable à lire, assez rapide et nerveux. Les actes meurtriers de Christine sont très bien décrits.
Ce sont les relations entre les différents protagonnistes qui forment le coeur de ce livre, et elles ne sont pas forcément très bien gérées alors qu'elles auraient pu être très intéressantes. Enfin, ce sont plutôt les silences entre les protagonnistes qui sont décrits.
 
La structure (je commence à spoiler légèrement) :
Le roman est assez court, et est séparé en trois parties différentes. De façon assez rare et surprenante, ces trois parties n'ont pas le même narrateur. C'est le meilleur ami (le seul) d'Arnie qui est le narrateur de la première et de la troisième parties. Au milieu du roman, c'est un narrateur omniscient, tout ce qu'il y a de plus classique.
Dans sa première partie, Dennis observe la situation se dégrader, Arnie s'enfoncer, la voiture se réparer. Il observe, n'agit presque pas sauf pour quelques essais de conseil. Elle se conclut, de façon maline (même si SK dit parfois qu'il n'a pas trop fait exprès), par le séjour à l'hôpital de Dennis.
Ca permet à SK de prendre le contrôle du récit et de faire rouler Christine, sur la route, sur des gens : c'est la plus longue partie du roman.
Dennis retrouve alors l'usage de ses pieds pour l'acte final, un peu plus court que les autres (et moins bon), qui est plus basé sur l'action.
A noter que chaque petit chapitre (plusieurs par partie) a un nom très basique (Chez Darnell, Arnie et Michael, Junkins remet ça) et est accompagné de paroles de musiques qui causent de voitures, chansons des années 50 surtout, mais pas seulement.
 
Le scénario (je spoile, rappelez-vous en) :
Pas grand chose à dire sur le scénario, c'est assez classique, sauf en fait le point de vue du narrateur : c'est très original que le personnage principal de l'histoire, Arnie, ne soit pas celui qui agisse. C'est celui qui subit, qui se transforme et qui devient addict.
En fait, mon soucis n'est pas forcément le scénario, mais les relations entre les protagonnistes qui pourraient être bien meilleures, et j'ai l'impression que c'est SK qui est allé parfois un peu vite.
Les passages de la vengeance de Christine sont assez chouettes à lire.
Dans le roman, SK choisit de rendre LeBay le pourvoyeur de la démone Christine. Dans le film, c'est un autre point de vue, Christine est juste démoniaque de base.
 
Les personnages :
Parlons des personnages sans parler des relations entre eux.
C'est Christine qui débute le bal. Jalouse, excessive, cruelle et violente, elle est une vraie saloperie !
Dennis est le narrateur de deux des trois parties. C'est un bon gars, sympathique, assez malin, observateur. Il n'apporte pas grand chose à l'histoire (il n'est qu'à peine cité sur la fiche wiki du roman). C'est le meilleur ami d'Arnie, et c'est réciproque, ils sont vraiment complices mais ne se ressemblent pas. Dennis est un winner du lycée, et d'ailleurs, ses relations avec les filles semblent relativement assez rétros : il accumule les copines en quelques mois.
Arnie est un gamin qui semble intelligent, très timide, loin des canons de beauté, et qui est le souffre-douleur de son lycée. Avec Christine, il se métamorphose, et finit par disparaître. Son personnage n'est donc pas creusé.
Leigh est plate et peu intéressante, dommage.
Roland LeBay est décrit comme un vrai "merdeux" : sa méchanceté et sa haine des autres ont engendré Christine. Ce sont globalement ses seules caractéristiques, et c'est un peu pauvre pour un antagoniste de SK.
L'autre antagoniste Buddy est lui aussi juste un salaud. Darnell est un peu mieux construit, mais il ne reste qu'un truand au final. Regina est castratrice à souhait et n'a que ça dans sa palette. En fait, plus j'écris, plus je me dis que les personnages de ce livre manquent clairement de profondeur.
J'ai bien aimé le père de Dennis, le sage, et j'ai bien apprécié celui d'Arnie, Michael, soumis à sa castratrice d'épouse mais qui a au moins un bon fond.
Enfin, l'arrivée de l'inspecteur Jenkins est agréable, il est intelligent et lui, il dit les choses !
 
Les relations entre personnages :
Mais pourquoi personne ne se parle correctement dans cette histoire ?
Dennis ne parle pas assez à Arnie au début du roman. Bon, certes, il essaie de le prévenir, de le raisonner, mais il n'insiste pas dès qu'Arnie se met en colère, et surtout quand il commence à vraiment déconner. Pareil avec les parents d'Arnie, Régina en tête.
Pourquoi Darnell ne dit rien sur la voiture ? Pourquoi il ne dit rien ?
Pourquoi Buddy est-il aussi agressif avec Arnie ? Pourquoi Darnell ne dit rien quand il fout la merde dans son garage, pour ensuite le virer ?
Pourquoi le frère de Roland LeBay ne dit pas à Dennis ce qu'il sait dès le début du roman ?
Et puis, il y a Leigh : c'est incompréhensible .. Comment peut-elle tomber amoureuse d'Arnie ? Elle parait équilibrée, elle est décrite comme intéressante, maline, mais pourquoi Arnie ? Bon, si Leigh et Arnie se mettent ensemble, pourquoi elle ne le quitte pas tout de suite, dès qu'elle croise Christine ? Et puis Leigh s'acoquine avec Dennis .. c'est logique, Dennis est plus intéressant. Mais si vite ? En un mois ? En parlant d'Arnie ? Je n'ai pas aimé, et j'ai encore moins aimé son rôle de potiche sur la fin du roman (enfin, sur tout le roman) ..
 
Petite prédiction juste avant la fin :
...
 
La fin :
La dernière bataille entre Dennis et Leigh dans Petunia contre Christine n'est pas du tout la meilleure scène décrite du livre. Les rodéos face aux membres du groupe de Buddy sont beaucoup plus prenants. J'ai été surpris qu'Arnie soit absent de cette scène, sa mort est plutôt bien amené, même si on aurait pu avoir un petit chapitre pour que l'on vive la dispute avec Regina. Par contre, le fantôme LeBay est bien là, tout comme le cadavre de Michael, et ça, c'est plutôt bien trouvé.
Une fin plutôt correcte, sans plus.
 
 
Les adaptations :
 
Christine, film de John Carpenter (1983) :
C'est la seule adaptation d'un Stephen King de John Carpenter, et c'est une anomalie ! Les deux auraient tellement pu travailler encore ensemble.
J'ai revu le film pour écrire ces lignes, rien à voir avec mes souvenirs, c'est bien mieux !
Alors, tout n'est pas parfait, et le film n'est pas totalement fidèle au livre, notamment sur l'esprit de LeBay, absent de cette adaptation. Ici, Christine est diabolique et Arnie devient un véritable petit merdeux ! Il connait les réparations magiques de Christine et connait ses agissements, alors que dans le livre, il se cache les vérités, il a des doutes. Ce sont des choix qui sont entendables et qui passent bien.
Sinon, le scénario est raccourci par rapport au livre, normal. J'ai eu un peu peur de Dennis en début de film, un peu branleur, mais finalement, il est bien. Leigh est encore plus potiche que dans le livre, car là, on n'a vraiment aucune empathie pour Arnie, il est con dès le début du film, pourquoi elle sort avec lui ?
Il y a un truc dérangeant quand même dans le film, c'est que les victimes de Christine courent devant elle sur d'énormes routes .. pour éviter une voiture tueuse, on peut vraiment beaucoup mieux réagir. Ces morts sont beaucoup mieux dans le livre.
  
 

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